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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 20:55
Toute peine mérite Salers
Toute peine mérite Salers
Toute peine mérite Salers

Tout d'abord, selon les dires des vaches, rencontrées dans les prairies, bosquets et arbres du Cantal, qui m'ont sommé de rétablir la vérité, toute la vérité, la seule, la vraie, (je lève la main droite et je dis " je le jure" ), je tiens à apporter une précision essentielle, voire importante, sinon primordiale, au pire vitale : on ne dit pas Salersssse, ni sale herse. On ne prononce pas le S final, contrairement à anus, pénis, clitoris (premiers exemples communs qui me viennent à l'esprit), même si on n'écrit pas anusse, pénisse, clitorisse ...

Un aparté culturel et gratuit : connaissez-vous le goût du clitoris des vaches de Salers ? Eh bien, cela aurait, selon mes sources, le même goût que la langue de boeuf (de Salers).

Revenons-en à nos moutons, ou plutôt non à nos vaches.

On dit donc Salers, sans prononcer le S final. Comme on dirait sale air, ou alors salaire si on en mérite un. Ou si on peut en avoir un, en ces périodes de "loi travail" .

Oui, car si on n'a pas compris et qu'on ne prononce pas le S initial, ça fait Alers, et pour peu qu'on ait tout compris et qu'on ne prononce pas non plus le S final, ça fait Aler, et Aler sans retour, c'est à sens unique, et ça n'a l'air de rien ... Alors, si en plus, on ne prononce pas le A, le L, le E et le R, ça devient vite vide (ou muet) et on ne sait même pas d'où sont ces vaches qui meuglent le soir au fond des bois.

Pourquoi pas, leur rétorquai-je (aux vaches me caressant la nuque avec leurs cornes) ? Je veux bien admettre cette bovine évidence (du ventre).

D'ailleurs on ne dit pas Parissse, c'est capital, on dit Paris sans prononcer le S final. Idem pour Aiffres, mais là il faut déjà connaître ce joli petit port de pêche proche de Niort, où les âmes sont crochues, extrêmement connu par au moins (dans le Sud, certains prononcent le S à la fin, en disant moinssss) les 12 gitans qui y demeurent.

Saalers de rien, tout ce long et houleux débat sur le S ou le "pas de S" à la fin, mais cela semblait important pour les bovidés qui me lorgnaient de leurs gros yeux ronds tout en chassant les milliers de mouches avec leurs queues (et non l'inverse), alors, qu'avec leurs énormes langues, ces bestiaux se curaient avec frénésie leurs narines humides. Tant pis, me dis-je, me sous-trayant à leur groupe, tout en restant de pré ou de loin, proche de leurs fétides aspirations.

Après avoir donc trouvé une excellente introduction à mon récit, je décidai donc, maintenant, là tout de suite, dans la seconde, sur le champ (donc entouré de vaches Salers impatientes de connaître la fin de ce récit), nonobstant mon envie pressante d'aller lansquiner, de continuer mon compte-rendu de ce week-end pastoral à la Taspourelle de Salers, mais il me semble que le lecteur attentif aura compris ce détail sur le lieu géographique où nous nous rendîmes (passé simple judicieusement placé, non ? ).

Un gros troupeau d'une centaine de Deux-Sévriens, dont notamment une bande de ruminantes et ruminants du nouveau club "Run in Niort", ainsi que 4 merveilleux Corsica Potes, firent donc le voyage au pays (attention, on ne prononce pas le S final) des volcans cantaliens (ne pas non plus prononcer les S finaux, ce ne serait pas finaud !! ) pour aller se confronter aux cornes affutées des rouquines bestioles. Parmi la gente féminine dans le parc aux bestiaux, où les concurrents étaient parqués, on y trouvait Marylou, Chacha, Nath, Vivi, Val, Valou, Ginou, Yoyo, Vic et Chris. Jolis noms pour des pures Salers, non ? Mais non, c'étaient bien les noms des traileuses pur-sang, à la viande de premier choix, sans matière grasse, néanmoins (ou groins en moins) nerveuses et avides de prendre les taureaux par les cornes et prêtes à piétiner en meuglant toutes celles et tous ceux qui se mettraient en travers de leurs sabots.

Les taureaux, eux, étaient menés par les coups de bâton et le son de la cloche accrochée au cou de leur guide spirituel (pas toujours), surnommé Moïse par les dévots (ou des veaux), tout ça parce qu'on l'aurait surpris à écarter les eaux, que perdait une jeune génisse au bord de la mer rouge.

Aligot ! C'est le départ. Oui, en Cantal, ils ne disent pas "Allez, go ! " . Au son de la musique, le troupeau s'élance, d'où l'expression salersienne "Aligot nonne troupeau" mais l'intention est la même, c'est le moment de balancer la purée et de se jeter à cor perdu, le pied sur le plancher (des vaches).

Les différents parcours s'avérèrent bucoliques et truffadesques à souhait au milieu d'une tempête de soleil, parmi les burons, les paturages, labourages, ensilages, par le col de Néronne (du nom d'un célèbre empereur romain issu du terroir auvergnat), le village du Sale Goût (où était située notre étable pour le week-end), le col du Pas Rouge (effectivement il était vert, sauf sans doute pour les daltoniens), le Puy de la Tourte (aux cailles sans doute), et ensuite, manque de chance, pas de Peyrols (il était parti en voyage, parait-il), puis Mary, qui passait par là, pour nous remettre dans le bain. Ce sera alors le roc des Ombres, bienvenues avant d'affronter le Puy Violent, qui marquera le retour au bercail. Meuhhh ! Quelle transhumance !

Avant d'aller festoyer au chapiteau et se confronter aux bandas du Sud-Ouest et au repas dansant auvergnat, arrosé de Gentiane et d'entrecôte de Bourg, j'eus la surprise d'entendre quelqu'un me dire, dès la ligne d'arrivée franchie : "Franchement tu n'as pas bonne mine, tu as même un Salers". Ah ça suffit !

Il est vrai qu'avec un S à la fin, cela ne voulait plus rien dire et ce serait fort dommage (de Salers ...)

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 21:16
Black water, Homard-étron

Grosse prise ce matin dans le marais pour l'écologique marathon-verre avec un Corsica à la une.

Et si on en croit le journal local "le Bourrier de l'Ouest", son secret est dans l'hydratation, surtout quand il fait chaud, et même s'il fait froid ou qu'il neige. Toujours se désaltérer, quelque soit le climat. Ne pas se mettre que dans le rouge, car la bière, le sky et le rhum sont aussi ses alliés de circonstance. Et même si le mur arrive d'un seul coup, en boire plusieurs est fortement recommandé ...

C'est d'ailleurs un atout chez lui, sa VMA (Vitesse Maximum d'Avalage) est autour de 18 à l'heure, ce qui lui a permis de participer avec brio (un pote à lui !! ) à la Diagonale des Flous, au Gland Raide des Périnées, à l'ultra du Boût de Mont-Gland, aux 100 km de 1000 eaux ( il en faut pour le jaune, couleur de sa tenue préférée car il est souvent tout jaune devant, marron derrière). Sur le circuit, certains l'ont même surnommé l'idole des jaunes, tellement il a toujours privilégié la masse à les litres.

Il n'est jamais avare de conseils qu'il distille (!!) dans son langage à lui, entrecoupé de hoquets et de renvois (faut le pardonner), et tous ceux qui veulent participer à l'Euskal s'y fient.

Ce n'est pas pour rien que tout le monde s'accorde pour constater qu'il ne fait pas son âge, 51 ans. Oui, 51 : un chiffre mythique qu'il pratique avec assiduité, matin, midi et soir, car même s'il se défend de s'entraîner, avec un verre à la main, il ne lâche jamais rien. Enfin façon de parler car il a un sacré tableau de chiasse ... Ce qu'on appelle parfois un entrainement "fond scié".

Un exemple pour nous tous.

Sa devise : s'hydrater et comme disait Pierre deux Coups Bertin : "l'important n'est pas de gagner, mais de partir pisser" .

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 21:03
Anniversaires arrosés : Peace and love !

Plusieurs évènements célèbres devaient être arrosés ce week-end, la plupart des Corsica se retrouvirent donc fraises et dix peaux (plus très frais après 10 pots !! ) sur la piste du stade René Gaillard, où, par le passé ils écri-verres quelques pages de conclusion sur la course bi-horaire des 12-14, devenue depuis plutôt un semi-relais, non pas la moitié d'un relais, mais un semi-marathon à courir seul, à 2, à 3, ou pas, comme certains choisirent de le faire.

Malgré la pluie permanente tout au long ou tout au court (ou cours) de la journée (ou tout au large, tout dépend dans quel sens on regarde), nos hommes orangés voulaient avant tout fêter les 5 ans d'amour torride et sans tache, qui les réunit, ainsi que les 4 ans de ce blog insipide qui fait la part belle aux narrations précises de leurs exploits sportifs les plus extravagants, au détriment d'un peu de sagesse ou humilité qui seraient les bienvenus parfois au milieu de textes difficiles à suivre, au point que je ne sais même plus ce que je voulais dire en commençant cette phrase qu'il serait plus que temps de terminer si je veux aller me coucher avant que le jour ne se lève, symbolisé par l'apparition du disque solaire encore rouge au-dessus de l'horizon délimité par les lignes arrondies des prairies encore tuméfiées de rosée ... Ce qui n'a rien à voir avec la sempiternelle question posée à certains quand ils rentrent tard chez eux, le nez brillant : "T'es-tu méfié du rosé ? "

Seul le corsica pote aux racines vendéennes, Jean-Camille, a préféré faire la noce tout le week-end dans son pays d'origine, sans doute égaré en double file dans un trou perdu au milieu des conches, marais ou bois hostiles, uniquement ravitaillé par les corbeaux qui, là-bas, volent sur le dos pour ne pas voir la misère et la décrépitude des lieux, et snober notre anniversaire de mariage à nous. Son absence à la buvette d'après course fut facilement remarquée par les organisateurs, notamment lorsqu'ils firent le constat qu'il restait plusieurs fûts de bière, chose impossible s'il eut été présent, fut-ce en terminant ivre mort, comme à chaque fois où il a fallu le ramener sur une six bières.

Anniversaires arrosés : Peace and love !
Anniversaires arrosés : Peace and love !

Camille n'aura pas assisté à la remise du prix Orange (au hasard, quelle couleur bien choisie ! ) qui sera décerné à Négrito, à l'unanimité des 25483 spectateurs présents dans les travées du stade, scandant son nom et lui réclamant un tour d'honneur nu, une pierre fine à la main . Négrito, élu au titre honorifique de coureur le plus sympa, va se montrer fier de pavoiser avec la dotation gagnée, à savoir des boutanches, encore, mais surtout une jolie coupe collector décorée avec la saucisse du pays niortais, toute fraiche et appétissante, comme si elle sortait tout droit de la benne à ordures.

il est vrai qu'il est jovial le bougre, toujours des mots mielleux pour les bénévoles, voire des gestes grossiers pour les jeunes filles, ainsi que des moqueries pour tous ceux qu'il double ou qu'il croise. Certains ont droit à leur taillage de costume, alors qu'ils n'ont rien demandé. Bien fait pour eux, fallait pas venir !

Anniversaires arrosés : Peace and love !
Anniversaires arrosés : Peace and love !

Nos 3 amis X-Men, aux maillots oranges également, mais nettement délavés (sans doute trop lessivés ou usés) auraient eux aussi mérité le prix du fair-play ou du courage, pour avoir réussi à suivre l'allure folle des Corsica Potes, bien planqués à l'abri dans l'aérodynamisme travaillé en soufflerie de leurs foulées fusant sur la chaussée en mode aqua-planing (avant le binouze-planing), et n'avoir pas sombré, voire déprimé lorsqu'ils se sont peu à peu faits prendre un tour (sur les 5 tours au total) par les bolides à la tête de maure qui les enrhumèrent en ce temps pluvieux et propice aux coups de vent (et derrière aussi). Ils terminèrent pourtant main dans la main, ensemble, pied à pied au plancher, le Corsica Pote étant par nature sociable et venant naturellement en aide à son prochain. Malheureusement le gars qui tentait de faire des photos de l'évènement s'était noyé dans une flaque d'eau et ne pût immortaliser ce final par une image qui aurait fait la une des journaux locaux, toujours avides de gestes chevaleresques sur la piste humide du stade René Bayard, sans peur et sans reproche, comme chacun sèche.

Négrito en profite pour remercier son banquier en lui faisant un virement en liquide.

Négrito en profite pour remercier son banquier en lui faisant un virement en liquide.

Oui la piste était détrempée, mouillée, humide, ruisselante, du jamais vu dans les couloirs d'athlétisme où le concessionnaire sponsor avait garé ses voitures en panne. Impossible pour lui de quitter les lieux, nous nous proposâmes de l'aider, charitables comme nous le sûmes toujours (variante corse de l'auxiliaire "être" conjugué au presque-pas-parfait de l'indicatif absent).

Tout d'abord on s'orienta vers un souci de moteurs noyés, au vu du temps pourri auquel nous allions avoir droit toute la journée. Mais après quelques réflexions sensées autour de la tireuse à houblon, l'hypothèse la plus probable était que nous nous trouvions confrontés à une panne de carbuvant. Il fallait encore payer de notre personne et venir en aide aux plus désoeuvrés, en refaisant le plein des véhicules et le vide des vésicules.

Il pisse tôt le héros

Il pisse tôt le héros

Oui il ne lui fût pas toujours facile de trouver le réservoir à remplir, surtout quand l'individu lui-même est siphonné. Il dût s'y reprendre à plusieurs fois et refaire abondamment le plein de sa vessie au bar pour parvenir au but recherché.

Tout ce déluge venu du ciel provoqua des arrosages complémentaires de toute part qui furent difficiles à canaliser. Il était même parfois périlleux de se frayer un chemin au milieu de la pisse aux tiers.

Oui certains pisse-froids vont trouver ce passage un peu grossier, voire glissant. Il est à l'image des émotions ressenties que je me devais de coucher sur ces lignes qui défilent au rythme de mes doigts engourdis parcourant le clavier de mon délirium très mince.

Astuce trouvée par une charmante autochtone habituée au climat humide pour protéger sa vessie et sa lanterne

Astuce trouvée par une charmante autochtone habituée au climat humide pour protéger sa vessie et sa lanterne

Anniversaires arrosés : Peace and love !
Anniversaires arrosés : Peace and love !

Quand les réservoirs furent remplis, il était temps - petit navire qui n'avait ja-ja-jamais navigué ohé ohé, ohé ohé mate l'eau, matelot navigue sur les flôts - , de dire au revoir avec nos petites mains et de penser à rentrer se mettre au sec, sachant que tout le monde avait déserté les lieux, à l'image du parking resté seul de boue, contre vents et ma raie.

Une seule vésicule rouge a résisté aux intempéries

Une seule vésicule rouge a résisté aux intempéries

Il ne reste plus qu'à souhaiter de nombreux autres anniversaires de mariage aux Corsica Potes et à scruter les cieux, comme le fait le coureur nommé le plus sympa sur la photo ci-dessous, pour guetter l'arrivée des éclaircies et espérer un rayon de soleil qui mettra de la chaleur au creux de nos petits coeurs si capotes. Ouh là là !!

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 23:51
Chavagnes empaillé !!

Et pendant ce temps-là, en ce samedi qui suivait le vendredi du pont de l'Ascension et qui précédait le dimanche précédant celui de Pentecôte, celui-ci étant lui-même suivi d'un lundi plus ou moins chômé, notre aîné (oui, il ainé le divin enfant), le Corsica Pote à la perruque aux cheveux gris, lui, s'en allait encore rafler un trophée sur le marathon de Chavagnes.

Un seul de sa catégorie a réussi à lui fausser compagnie, et encore tout ça sans doute parce que notre Francis s'était arrêté lansquiner dans une forêt d'arbres en bois ...

Mais jusqu'où s'arrêtera t-il ?

Dès qu'il y a une coupe à gagner, il n'est pas loin. Dès qu'il y a une coupe à boire, il est tout proche aussi ... Sacré pied de barrique, mais quelle santé (mais pas des pieds ! ) !

On le voit sur le podium, félicité par le ministre de la jaunisse et des sports.

Bravo mon pote !

Chavagnes empaillé !!
Chavagnes empaillé !!
Chavagnes empaillé !!
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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 19:25
Ascension et Euskal buttes

Lors du dernier week-end de l'Ascension, craignant le mauvais temps, les organisateurs de l'Euskal Trail ont voulu assurer le succès de leurs épreuves et avaient donc supplié les Corsica Potes de venir participer aux différentes courses afin qu'ils viennent, par leur sourire, leur bonne humeur et leur entrain (même en automobile), chasser les vilains nuages gorgés d'eau froide, grêle, neige, grésil qui s'amoncelaient dans le ciel du pays basque, balayé par de forts vents, autrement violents mais bien moins bruyants que ceux de Négrito.

Malgré la présence de 3 Corsica et de nombreux membres niortais de l'ASPTT, cela n'a pas suffi et le ciel bleu n'a même pris la peine de montrer le bout de son nez, d'où le proverbe local sorti pour la circonstance : " pour se couvrir, l'imper est basque " .

Avant le double galop (vendredi et samedi) en duo, certains valeureux coursiers commençaient à se mordre les doigts et à se pincer les lèvres, ou l'inverse (ou l'un verse et l'autre boit) quand, bien au chaud dans leur luxueux van, ils savourèrent leur dernière bière en guise d'Euskal au riz.

Ascension et Euskal buttes

A Saint-Etienne de Baïgorry, beaucoup de gens avaient décidé de faire le pont en ce long week-end. On peut voir ci-dessous qu'il n'est pas trop mal réussi

Ascension et Euskal buttes
Ascension et Euskal buttes

Que ce soit sur l'Ultra (130 km), le 2 x 25 km ou le 2 x 40 km, la météo avait décidé d'être infecte, l' "Euskalamité gène" : la pluie, le vent, les bourrasques, la température ressentie transformèrent les courses en Euskal vert.

Vendredi, premier gros ravito sur l'Ultra, le Negrito, qui avait pris en otages 2 batons rencontrés en chemin, doute de son mollet reuskalcitrant : "Etes-vous sûrs que nous sommes partis pour 130 bornes sous la flotte et la tempête ? "

"Si tempête en Mai, tu risques d'en chier en Juin" entendit-il répondre dans son entourage.

Ascension et Euskal buttes

Plus loin, on le vit même s'abriter sous un tivoli, avec sa veste Euskalenji, tout en ricanant face aux flashes des photographes qui crépitaient (les flashes, pas les photographes ! ). Ah le tricheur !

Il en profita même pour remplir son sac à dos avec un pack de glutes, qui traînait par là, en glissant une sournoisement dans son Euskal-bar. La pauvre !

"Pour la route", nous dit-il ! Pas folle la guêpe !

Ascension et Euskal buttes
Ascension et Euskal buttes

Sur le parcours, près de Urepel, on pouvait rencontrer des individus trempés, hagards pour certains, et même des troupeaux de trailers montant les pentes à 4 pattes, à cornes rabattues, leur tête noire des mauvais jours. C'était vraiment un Euskal Raide.

Ascension et Euskal buttes
Ascension et Euskal buttes
Ascension et Euskal buttes
Ascension et Euskal buttes

A la base-vie d'Urepel (72 km), le Négrito en profite pour quitter son Euskalcif et pour montrer son corps à toute l'assistance médusée, surtout quand il retira l'Euskaleçon, et pire, il fit fuir toute la salle quand il ota ses chaussettes liquides qui sentaient fort, comme le fromage de brebis local (l'Euskalendos).

Ascension et Euskal buttes

Dans la nuit suivante, au vu des conditions dantesques, l'organisation décida de stopper les dégâts et nos courageux amis furent rapatriés, déçus de ne pouvoir aller au bout de leur aventure. Ce sera sans doute pour une prochaine fois, avec un nouvel Euskal-but.

Samedi, on retrouve les duos sur leur 2ème étape, toujours avec une météo pourrie et des paysages quasiment absents. Tout se perd, ma pauvre dame !

Sur le 2 x 25 km, ci-dessous, on pouvait même rencontrer des Euskall-Girls.

L'une d'elle était même aiguillée par des pancartes à son nom, sans doute par des supporters zélés. Je n'ai, par contre, pas vu la concurrente prénommée Poterne ...

Comment voulez-vous que ceux qui sont venus Euskal y pigent ?

Ascension et Euskal buttes
Ascension et Euskal buttes

Sur le 2 x 40 km, tout d'abord, on retrouve ci-dessous, l'Euskal-Pied et son pote JC (Toujours à boire là, Pairault !! )

Ascension et Euskal buttes

Puis enfin, at least, but not last, comme on dit outre-Manche, le couple infernal, constitué de l'Euskalmettes et de son cadet Euskalmille, ce dernier n'ayant qu'une chose en tête, franchir la porte de l'arrivée qu'il avait fait graver à son nom. Assez fier le ventrachou !

Ascension et Euskal buttes
Ascension et Euskal buttes
Ascension et Euskal buttes
Ascension et Euskal buttes
Ascension et Euskal buttes

Après ces efforts, un peu de tourisme, puis beaucoup de réconfort.

Ci-dessous, quelques vues de St Jean Pied de Port :

Ascension et Euskal buttes
Ascension et Euskal buttes

Ainsi qu'une vue de St Didier Pied de Porc, complètement Euskalciné, qui, avec son tube de vaseline (et celui de Julien Clerc), entonne "l'Euskal y fornique" ..

Ascension et Euskal buttes

L'apéro d'après-course et le banquet pouvaient commencer.

Ascension et Euskal buttes
Ascension et Euskal buttes

Belle ambiance dans cette salle où 1000 convives mangèrent, crièrent, chantèrent, dansèrent sur ou sous les tables, sur les bancs bancals (banco ! ) au son d'un orchestre extraordinaire composé de trop de musiciens. Certains eurent l'audace de reprendre plusieurs fois du gigot, alors qu'ils avaient déjà tiqué sur le prix du repas .

Taupe de la soirée : on se serait crû à " l'Euskal à 2000 ans ", célèbre salle très propre, quand a retenti la voix de la star myope locale Maria Euskallas, invitée de dernière minute, et qui devait au plus vite partir en concert en Allemagne par le vol Euskal-Hamburg.

Il était alors temps de rentrer dans nos logements et d'éteindre la lumière pour reposer nos yeux et les cors au Pied.

Oui, car là-bas, même l'ampoule est basquaise ! Un sacré culot !

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 17:26
Vie d'ange, Egray sage

Oui, afin de vouloir refaire les niveaux, les organisateurs du trail du Val d'Egray, espérant une grande marée avec forte vague de concurrents, ont confondu humilité et humidité pour cette 5ème édition et ils n'ont pas fait dans la demi-mesure, puisque toute la journée de vendredi, ils avaient fait venir toutes sortes de nuages, apportés par six russes, cumulus, stratus, stradivarius, cumulo-lingus, encéphallus, qui se sont déchaînés avec des eaux-rages, hauts désespoirs, des fortes pluies et l'Egrayle pour inonder les sentiers, les fossés, les flaques d'eau ou de boue, les champs, les ruisseaux, les chemins. Tout y est passé, mais là ces tréteaux, ou c'était trop, quel gaspillage, que d'eau, que d'eau ! Certains ont même encore ce matin trouvé l'Egray long.

Malgré un temps très frais printanier, même si nous sommes souvent en hiver (ou enivrés), les conditions étaient Egray-ables, comme Egray-èrent la plupart des participants, d'Egray à gré, formant dès le départ un long chapelet qu'ils Egray-nèrent. Sans doute trop de monde venu de tous les pays méditerranéens sur ces sentiers, il aurait sans doute fallu ne réserver l'Egray qu'aux romains, tellement ça ruisselait comme vache qui Pise.

Trois Corsicapotes n'ayant pas peur de mouiller leurs corps beaux prirent le départ, le Négrito préférant stopper assez vite, ayant oublié de prendre sa bouée en canard autour de sa petite taille. Et pourtant qu'est-ce qu'il bouée le bougre ! Un vrai pied de barrique !

Vie d'ange, Egray sage
Vie d'ange, Egray sage

Sur la photo ci-dessus, on reconnait une d'Egray-nouilles, qui y croâ, poursuivie par le coureur "roux-pète=bout-long" , et qui tente de remonter la berge du ravin, pour échapper également à la compagnie de ses autres accompagnateurs à la tête de maure, charmants et galants, qui voulaient la mettre soûlot, avant que leurs forces c'est mousse ... Mais il est tétard et il ne fallait pas perdre d'étang pour être de retour avant que les 5 fûts fussent épuisés. Un 6 fût aussitôt fait.

Seules l'Egray-nouilles ou presque ont réussi à tirer leur épingle du jeu sur ce parcours plus aquatique que terrestre.

Vie d'ange, Egray sage
Vie d'ange, Egray sage

Sur le cliché ci-dessus, toujours la même, la seule que nous réussimes à suivre, l'Egray-nouille, pâte-rainette à vrai dire, en rigole (c'était le jour) et, dédaigneuse, se moque de Denis, ce pauvre bénévole faisant semblant de prendre des photos, accroupi dans une humble posture, bien penaud d'être surpris en train de couler un bronze au bord de l'eau, alors qu'il se croyait tout saule sur la berge.

Mais Eve va trop vite et nous n'avons pas réussi à nous mettre d'autres images sous l'Adam.

Elle nous échappa, nous l'apercevâmes au loin devant nous et nous dûmes rejoindre le Champ derniers ...

La fin fût (encore ? ) plus classique et tout se termina comme d'habitude à la buvette, à partager tous ensemble la mousse, les verres de l'Egray-Nadine (du prénom de la serveuse) et nous amuser de l'Egray-vin, tout l'inverse donc de tristes sires ...

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 15:42

Dix manches derniers, même s'ils étaient plutôt 14 mâles au total, les Corsica Potes au grand complet (c'est rare), avaient convié leurs fidèles sympathisants sympas, enfin ceux qui n'avaient rien de mieux à faire, de bon matin, de bonne heure et de bonne humeur, et pour certains à l'heure, à deux mains, dès l'aube, à l'heure houblon chie la compagne (quand tu quittes le lit conjugal), jeux partiraient, voiture, Josée que tu mates tant, afin d'arpenter les chemins du Roy à Ste Néomaye. Oui j'ai remarqué que dans cette longue phrase pourtant empreinte de tant de poésie, les mots assemblés étaient bancaux. (au singulier, on dirait bancal ou banco). Comme pour un trou sale, on dit des trousseaux s'il y en a plusieurs. Mais c'est très sale. Ou très sot !

Des hauts et débats
Des hauts et débats

Hue (Go !) et à dia, avec moi donc cette troupe s'avance, et porte sur le fion une mule assez rance. Baillant aux corneilles, ils partirent 500 (j'exagère à peine), mais par un prompt renfort, ils se virent 3000 en arrivant au bord. Tant, à nous voir mâcher avec un tel visage, les plus épouvantés reprenaient du fourrage ! Et par où partirent-ils, sachant que tous les chemins chimènent arôme ? Et de quel bord parle t-on ?

L'un d'eux partit sanglant et faillit perdre ses gants (ou l'inverse, tel le chêne à l'automne), déçu sans d'Août de ne pouvoir humer le goût de Mont-Blanc l'été prochain.

Des hauts et débats

Dès que les vents soufflirent, les couvreurs partirent ou par terre.

Ils allurent par la forêt, ils allèrent par la montagne.

Ils ne purent demeurer loin des toits plus longtemps.

Des hauts et débats
Des hauts et débats

Ils marchèrent les yeux fixés, retenant parfois une grosse envie de penser,















Sans rien voir au dehors, sans entendre leur bruit,















Seuls, mais à plusieurs, le dos courbé, les mains croisées,















Tristes, et le jour pour eux aurait pû être comme l'ennui.

Mais non, que nenni, point du tout car le temps était maintenant venu de remercier Hugo, toujours un peu évaporé dans ses Contemplations et de dire bye au Corneille, préoccupé plus par Le Cidre que par le sarment du jus de pomme, et de passer enfin aux choses plus sérieuses.

Préférant toujours le vin d'ici à l'eau de là, l'âpre discussion pouvait enfin commencer, donnant lieu à un débat houleux : quand il fait froid et que chacun grelotte après une sortie nature, vaut-il mieux se réhydrater avec du succulent vin chaud en provenance des vignes de St Pardoux (priez pour nous, pauvres pêcheurs), ou bien avec du houblon hollandais de Monsieur Heineken, ou alors avec la bière que buvait Louis XIV (en 1664 après JC), ou encore avec les 3 breuvages savamment distillés dans le temps ? Je vous laisse deviner ce qu'il advint (chaud).

Les nombreux membres actifs (enfin pas tous) de l'Apéro Saucisson Prépare Ta Timbale "ASPTT Niort-Mon cul tend" présents en ce matin frisquet furent bien sûr fidèles aux postes, dans la tradition de leur maison-mère, et déposèrent une timbale de vin chaud pour le facteur qui passerait le lendemain !! Ce n'est pas pour rien si on emploie le terme de "tournée générale" dans ce métier quand on fréquente des individus comme ceux représentés sur les photos ci-dessous, maladivement portés sur la piquette.

Des hauts et débats
Des hauts et débats
Des hauts et débats

Pendant les débats acharnés, le podium fût récompensé par le jury. Pas de surprise, au classement scratch, et grâce à la rigueur de leur entrainement bi-quotidien au minimum, les meilleurs sont souvent les mêmes au gré des compétitions et raflent tous les prix. On les voit ci-dessous brandissant leurs trophées et poser pour la postérité et pour le plaisir de la presse locale.

Des hauts et débats
Des hauts et débats

Les autres se satisfirent du délicieux gâteau de Mazières et prirent tout leur temps pour savourer et noter les différents nectars vinatoires ou houblonesques, enfin tant qu'il y en eut, tout en devisant sur des sujets aussi épineux et insolubles que l'âge qu'avait Rimbaud ou la différence entre un canard qui traverse la route ... C'est dire si les saints esprits régnaient en maître sur la place du village.

Des hauts et débats
Des hauts et débats
Des hauts et débats
Des hauts et débats

L'heure du repas approchant, il fallait bien résolument se résoudre à se séparer, se donner rendez-vous pour les prochaines sorties où les potes iront, penser aux potes au feu, puis préparer la sieste de l'après-midi, sans oublier la traditionnelle visite des potes âgés.

Quel programme festif !

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 19:34
L'abbaye cool

Pélérinage ce matin à Celles autour de l'abbaye où la congrégation du haut clergé du Bas-Poitou (ou l'inverse), tous genres confondus, s'était donné rendez-vous pour une balade boueuse et grasse à souhait, où chaque pénitent espérait ne pas terminer dernier du culte.

Les révérends père Naud et père Collateur, complètement ivres et se comportant comme de véritables trous du culte, voulurent à tout prix griller le départ donné par l'abbesse, un peu folle de la messe, avant que justement le drapeau elle n'abaisse et, sous la pression, les autres abbés cédèrent, alors que les cloches retentissaient à toute volée sous les ordres du Père Sonnage.

La mère Cédesse essaya bien de tricher en prenant le départ en voiture, mais elle fût ramenée à la raison, on lui expliqua que, dans sa robe de bure, et avec ses burettes, elle irait tout aussi vite, car les habits ça sert d'auto ...

Le vieux père Honné, curé de la paroisse de Celles, venu à vélo, ne craignant pas que dans la boue la roue pête, cheveux poivre et Celles donc, descendant de sa Celles, se plaignît aussitôt d'un souci à sa jambe de bois, Celles-ci remplaçant son tibia depuis longtemps. Il expliqua à tout le monde, sidéré (ou soldémi selon le ton) que, dans son cas, le bois sacerdoce.

"Sauvons-nous, os court ! " crièrent les soeurs, montrant leur cul bas, avant que les fidèles cassent trop.

Pour cette randonnée sportive, les moines avaient tous l'habit d'prêtre, en curés avec une calotte, et déambulaient fièrement le sexe à la main, avant que quelqu'un ne daignât (préservatif imparfait du subjonctif) leur expliquer que la bite ne fait pas le moine. Honteux et confus, ils baissèrent la tête et partirent à fond la caisse, ou à con la fesse, voire à confesse pour certains.

Simone Astaire, et son mari Fred, ont mené la danse au tout début, puis furent débordés au passage de la rivière par l'abbé Gnade, content de patauger, puis ensuite, dès que le terrain devint humide et boueux, par deux soeurs habillées de jaune, la mère Deuse et une autre soeur, surnommée Dié, qui domina longtemps les débats avec aisance, parvenant toujours à rester de boue.

" Mais quelle mère Dié ! " se disaient les spectateurs et spectateuses.

Un peu de bousculade dans les portions étroites, où notamment on vit le père Hoquet tenter de monter sur le père Choir. Tout rentra dans les ordres quand ils furent séparés (c'est ce qu'on appelle aussi le Caté-schisme ! ).

Dans les raidillons, l'avantage fût pris par l'abbé Bète, qui monte, qui monte, prêt à tout pour voir les autres pères choir. Il accéléra le train, craignant que ses poursuivantes jaunes les nonnes astiquent. On l'avait aussi prévenu au départ de se méfier des frères Ecclési, très rapides coureurs de fond. Chacun sait que, pour gagner des courses, souvent les Ecclési astiquent ...

Peu importe le classement, tous les calotins et leurs bedeaux se retrouvèrent après leur arrivée à la sacristie pour célébrer l'eucharistie, et donc engloutir le vin chaud et rompre le pain d'épice. Chacun exprimant ses Kriter, demi-sec ou rosé. Point d'orgue, certains "sans choeur" repartirent couverts de cadeaux, de fleurs, de calices argentés, sans même partager ces offrandes avec leurs ouailles, estimant sans doute les ouailles du seigneur impénétrables, provoquant par ce geste égoïste une horrible cène au sein du cloître.

Eh oui, même parmi tous ces religieux convaincus, il y a vraiment des coups de pied au culte qui se perdent ...

L'abbaye cool
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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 22:29
Les participants de Himal Race - Everest Sky Race, et le staff rassemblés
Les participants de Himal Race - Everest Sky Race, et le staff rassemblés

Les participants de Himal Race - Everest Sky Race, et le staff rassemblés

L'Himal reste (et pour longtemps)

HIMAL RACE 2013 " A la poursuite des chevaux du vent II "

Plus d'un an après, il est grand temps de faire un rapide résumé en images de cette aventure de presque 5 semaines.

Le parcours définitif, après annulation des dernières étapes :

Himal Race 2013 : Annapurna – Tso Rolpa (Rolwaling) : 745 km, +34100 m, -36300 m en 21 étapes ,

ainsi que 60 km de marche d'approche et d'acclimatation

www.leschevaliersduvent.fr/himal-race/hr-2013

08/10/2013 : Kathmandu-Pokhara en avion

Hotel Lakeview Resort, ballade en bord du lac, resto, briefing, diner à l'hotel

Lac de Pokhara, bière en bord de lac, Macchapuchhre (6997m)
Lac de Pokhara, bière en bord de lac, Macchapuchhre (6997m)
Lac de Pokhara, bière en bord de lac, Macchapuchhre (6997m)

Lac de Pokhara, bière en bord de lac, Macchapuchhre (6997m)

Mer 09/10/2013 : Pokhara-Jomosom en avion

12h30 : Départ en liaison d'approche, marche rapide, tentative de traversée de rivière, vers Marpha, Tukuche, puis Lété Kalopani, Lodge. 31 km - 6h45

L'Himal reste (et pour longtemps)
L'Himal reste (et pour longtemps)
L'Himal reste (et pour longtemps)

Jeu 10/10/2013 : Liaison vers Kharka I (Col du 27 Avril) :

14,2 Km, + 1300m positifs

Camp à 3350m, grandes tentes

Village de Chhyo

Village de Chhyo

Ven 11/10/2013 : Liaison de Kharka I vers Tholabugin Pass (4280m)

Acclimatation, montée à 4400m, camp à 4200m, après-midi de repos

Dhaulagiri (8172m)
Dhaulagiri (8172m)

Dhaulagiri (8172m)

Sam 12/10/2013 : Réveil 4h30, montée en liaison en direction du camp de base Nord de l'Annapurna.

Retour à 10h à Karkha II (col du 27 Avril) - 3800m

10h30 : 1ère étape : Karkha (3800m) - Lété (2480m)

24 km - 3h02 de course

Lodge à Lété

La troupe avant le départ de la course, Coucher de soleil sur les Annapurnas
La troupe avant le départ de la course, Coucher de soleil sur les Annapurnas

La troupe avant le départ de la course, Coucher de soleil sur les Annapurnas

Dim 13/10/2013 : 2ème étape

Lété - Thinigaon - Camp à Kharka Khaisang (4200m) : 42 km - 7h49 de course

Rude montée depuis Thinigaon

Grande tente

Enfants à Thinigaon
Enfants à Thinigaon

Enfants à Thinigaon

Lun 14/10/2013 : 3ème étape

Camp vers Tilicho Lake via Mesokantu La (5100m)

Réveil 4h30, montée jusqu'à 4950m dans la neige, crampons, tempête de neige.

Le passage du col n'est pas visible, décision de faire demi-tour, retour au camp, pas de passage au Tilicho Lake

Programme modifié pour les 3 jours à venir.

Départ de l'étape vers Jomosom. Pluie forte.

1h40 environ de descente.

Lodge à Himalayan Hotel

Tempête de neige dans le Mesokhanto La

Tempête de neige dans le Mesokhanto La

Mar 15/10/2013 : 4ème étape

Jomosom (2600m) - Muktinath (3760m), entrée dans le Mustang

21km - 4h17 de course

Entrée dans le Mustang, photos prises à Muktinath
Entrée dans le Mustang, photos prises à Muktinath
Entrée dans le Mustang, photos prises à Muktinath
Entrée dans le Mustang, photos prises à Muktinath
Entrée dans le Mustang, photos prises à Muktinath

Entrée dans le Mustang, photos prises à Muktinath

Mer 16/10/2013 : 5ème étape

Muktinath (3760m) - Manang (3540m) via le Thorong La (5416m)

37km - 7h50 de course

Col du Thorong Pass, vues de Manang
Col du Thorong Pass, vues de Manang
Col du Thorong Pass, vues de Manang
Col du Thorong Pass, vues de Manang
Col du Thorong Pass, vues de Manang

Col du Thorong Pass, vues de Manang

Jeu 17/10/2013 : 6ème étape

Manang (3640m) - Timang (2270m)

42km - 5h45 de course

Globalement descendant

L'Himal reste (et pour longtemps)
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L'Himal reste (et pour longtemps)
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Ven 18/10/2013 : 7ème étape

Timang (2270m) - Bimthang (3590m)

32km - 6h30 de course - 2000m de dénivelé positif - 1000m de dénivelé négatif

Vue du massif du Manaslu de nuit
Vue du massif du Manaslu de nuit

Vue du massif du Manaslu de nuit

Sam 19/10/2013 : 8ème étape

Bimthang (3590m) - SamaGaon (3520m) via le Larkya La (5215m)

30km - 7h25 de course

Beaucoup de neige dans le "col long", puis beaucoup de boue et pluie à la descente

L'Himal reste (et pour longtemps)
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Dim 20/10/2013 : 9ème étape

Samagaon (3520m) - Jagat (1340m)

65km - 9h30 de course - 1500m de dénivelé positif - 3600m de dénivelé négatif

Beaucoup de cascades, gorges tout au long de la descente le long de la rivière Budhi Gandaki

L'Himal reste (et pour longtemps)
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Lun 21/10/2013 : 10ème étape

Jagat (1340m) - Arughat Bazar (600m)

50km - 8h45 de course

Beaucoup de chaleur, soleil, sentiers, falaises, escaliers, croisements de troupeaux de mules

Lodge luxueux à l'arrivée

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Mar 22/10/2013 : 11ème étape

Arughat Bazar (600m) - Trisuli Bazar (660m)

57km - 13h de course

Jardinage dès le début, ampoules sous les pieds, soucis de releveurs

Arrivés très tard et derniers avec Jean-Loup (20h30), exténués

Coup de calgon, ça craque grave à l'arrivée ...

2ème sac d'assistance à Trisuli

Mer 23/10/2013 : 12ème étape neutralisée en partie

Bus jusqu'à Dhunche (et le mal des transports !! ) le matin

Dhunche (1960m) - Shin Gumba (3330m) l'après-midi

1500m de dénivelé positif, 3h10 de montée en groupe, rencontre de singes en forêt

Nous retrouvons ici les concurrents de l'Everest Sky Race qui démarrent leur course, dont Anna Frost, Pascal Beaury parmi les plus "célèbres"

Lodge, douche chaude ...

Jeu 24/10/2013 : 13ème étape

Shin Gumba (3330m) - Thadepati (3690m) via le Laurebina Pass (4610m)

25km - 7h15 de course - Dénivelé : 2000m positifs et 2000m négatifs

Magnifique lac du Gosain Kund

Shin Gumba, Gosain Kund, passage au Laurebina Pass (4610m), à côté du lac Surya Kund
Shin Gumba, Gosain Kund, passage au Laurebina Pass (4610m), à côté du lac Surya Kund
Shin Gumba, Gosain Kund, passage au Laurebina Pass (4610m), à côté du lac Surya Kund

Shin Gumba, Gosain Kund, passage au Laurebina Pass (4610m), à côté du lac Surya Kund

Ven 25/10/2013 : 14ème étape

Thadepati (3690m) - Melamchipul (870m)

40km - 9h50 de course, 1000m de dénivelé positif, 3300m de dénivelé négatif

Complètement seul toute la journée.

3ème sac d'assistance

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Sam 26/10/2013 : 15ème étape neutralisée

Transfert en bus via Barhabise jusqu'à Karthali

Lodge au milieu des rizières en pleine montagne

Après-midi repos au soleil

Melamchipul, enfants à Karthali et dans les rizières
Melamchipul, enfants à Karthali et dans les rizières
Melamchipul, enfants à Karthali et dans les rizières
Melamchipul, enfants à Karthali et dans les rizières
Melamchipul, enfants à Karthali et dans les rizières
Melamchipul, enfants à Karthali et dans les rizières
Melamchipul, enfants à Karthali et dans les rizières

Melamchipul, enfants à Karthali et dans les rizières

Dim 27/10/2013 : 16ème étape

Karthali - Bigu Gumpa (2330m)

30km - 5h45 de course

Logés au monastère exclusivement féminin

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Lun 28/10/2013 : 17ème étape

Bigu Gumba (2330m) - Yarsa

30km dont 4 groupés au départ, 5h de course

L'Himal reste (et pour longtemps)
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Mar 29/10/2013 : 18ème étape

Yarsa - Simigaon (2000m)

20km, 1000m positifs, 1000m négatifs

L'Himal reste (et pour longtemps)
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Mer 30/10/2013 : 19ème étape

Simigaon (2000m) - Beding (3690m)

20km, 5h de course, 2100m de dénivelé positif

Très joli village Sherpa

4ème sac d'assistance

Départ de Simigaon, Beding
Départ de Simigaon, Beding
Départ de Simigaon, Beding
Départ de Simigaon, Beding

Départ de Simigaon, Beding

Jeu 31/10/2013 : 20ème étape

Beding (3690m) - Lac Tsho Rolpa (4600m)

13km

L'après-midi, confirmation que nous ne pourrons pas franchir le Tashi Lapsa (5755m) à cause d'un enneigement trop important, trop de danger avec nos équipements de trailers.

Il est décidé de stopper la course ici et de zapper les 4 dernières étapes prévues.

Nuit très froide sous la tente.

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Ven 01/11/2013 : Demi-tour, retour vers Simigaon via Beding

34km, 6h40 de liaison, 600m de dénivelé positif, 3000m de dénivelé négatif

Certains partent par leurs propres moyens à Jiri, puis Namché, pour faire la vallée de l'Everest.

D'autres tenteront de prendre un avion de Kathmandu à Lukla, toujours pour relier le pied de l'Everest.

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Sam 02/11/2013

Descente en liaison de Simigaon à Chhetchhet, 700m de dénivelé négatif

Bus vers Charikot, puis Nagarkhot (9h de bus)

Lodge luxueux à 2000m d'altitude, vue magnifique sur les sommets lointains

L'Himal reste (et pour longtemps)
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Dim 03/11/2013 :

Retour en bus à Kathmandu

Kathmandu by night
Kathmandu by night

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04/11/2013

Dernières visites avant vol du soir

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 15:20
Les pêcheurs devant l'éternel au grand complet

Les pêcheurs devant l'éternel au grand complet

En ce 4ème dimanche du mois de Janvier 2015, pour fêter la Ste Ananie (si vous en connaissez, vous êtes bien les seuls !! ), mais surtout pour célébrer le 500ème anniversaire de la bataille de Marignan (dont les combats eurent lieu dans les terminaux de l'aéroport), une vingtaine de membres des sections réunies Niorto-Moncoutantaises (ou Moncoutoniortantaises) de l' Amicale Spécialisée en Pêche, Trail et Tricot, (ASPTT), et leurs sympathiques sympathisants, dont 4 non moins sympathiques Corsica Potes, avaient décidé de se retrouver pour pratiquer ensemble leurs activités préférées, à savoir tricoter des gambettes, trailer en pleine nature et aussi traquer une dernière fois le carnassier, avant la fermeture de la pêche, dans les eaux troubles, glaciales et abyssales (abypropre, ça existe ? ) du fleuve local, la Mère, qui, comme chacun sèche, sans arrêt roulait ses galets, les cheveux défaits, ils se regardaient, comme disait Ferrat (repassé il y a quelques années) à l'un, Barrière. Oui, là, je l'avoue, il faut être tordu pour suivre ...

Le tricot fût vite abandonné, car, de filles en aiguilles, il se révéla impossible de trouver à Mervent le moindre champ d'ail à tricoter.

Vu la température très basse, 1°664 affiché avec précision par Météo-Vendée, l'activité pêche périclita également très vite, malgré la bénédiction du Père Montfort, nommé Nelson, amateur de mélodie, qui sortit de sa grotte pour entonner son fameux "je vous salis ma rue, pleine de grâce" se terminant par " je vais prier pour vous, pauvres pêcheurs, maintenant et tout à l'heure ça mord ! " . La meilleure prise (1,664 kg quand même ! ) consista néanmoins en une belle truite meunière, prise par le dénommé Schubert, qui se fit en brochet alors qu'elle voulait des sandres le courant ... Mais nous ne sommes pas ici pour dire du mal d'autruite, même en étant épris de poissons ...

Tous les adeptes se rabattirent donc sur le trail, dernière occupation possible en cette matinée. Les 20 participants (dont 3 pêcheresses), conduits par le GO Alain, parcoururent la forêt (appelée Marie par certains qui la connaissaient bien, comme Nelson par exemple) sur une durée de 1h 66mn 4s, pas une seconde de plus, tout ceci à un rythme endiablé, ponctué de quelques pauses pour apprécier les magnifiques points de vue exposés par chacun, franchissant avec agilité les ponts de Diet et du Déluge, traversant les lieux-dits de Bière Blanche et le parc de Bière Brune (ce qui parfois se prononce le pack de bière brune). Ces noms étaient prémonitoires de ce qui attendait nos valeureux sportifs après Leffe fort.

Un parcours total de 16,64 km, représentant tout de même un dénivelé positif total de 1664m !!

Comme toute partie de pêche, l'important n'était pas l'essentiel, ni le principal, mais plutôt de manger, non pas le fruit de la pêche, manque de peau, mais la galette, appelée aussi galiche, ou brioche. Ce moment convivial fût partagé avec parcimonie, venue nous rejoindre, mais aussi avec un invité de marque, Mr Kronenbourg, qui passait par là subrepticement.

Et il était déjà temps de terminer cette gracieuse matinée et de rentrer sous les réprimandes des 2 postiers présents, Didier et Alain, qui ne manquèrent pas de nous rappeler le fameux proverbe mal appliqué dans leur profession :

"Kronenbourg à la Poste, Chronopost à la bourre "

Les mêmes pêcheurs, fiers de leurs prises exposées à leurs pieds, à la fin de la guerre des gaules
Les mêmes pêcheurs, fiers de leurs prises exposées à leurs pieds, à la fin de la guerre des gaules

Les mêmes pêcheurs, fiers de leurs prises exposées à leurs pieds, à la fin de la guerre des gaules

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 22:45

"Pourvu que ce ne soit pas un rêve", pouvait-on lire en conclusion d'un récent compte-rendu, fait en avance de phase, était-ce prémonitoire ?

Eh bien oui ! ce n'était qu'un rêve.

Et l'échec est aussitôt devenu un cauchemar, une entreprise de démolition, une dégringolade en fond de cirque au moment de passer de Salazie à Mafate. Mais pour exorciser ces démons qui le hantent encore au quotidien, il a décidé, avec du recul, contrairement aux habitudes délirantes, d'écrire à peu près sérieusement, de décrire comment on peut en arriver là, sans en avoir une seconde senti les prémices, sans s'être jamais senti concerné par les taux d'échecs importants sur cette course, punition réservée aux autres sans doute .... Tu parles !!

Sans doute trop de prétention, trop sûr de mon expérience, trop décontracté, trop "incassable", ne redoutant que la blessure ou des tendons d'achille récuremment douloureux qui auraient pû perturber la marche en avant.

Et pourtant soutenu, encouragé, porté, gonflé à bloc. C'est la course de l'année, celle qui est attendue depuis l'inscription, celle qui a été préparée grâce aux échéances précédentes dans l'année, qui n'ont eu d'important que le fait qu'elles permettaient de se mettre en condition pour la Diagonale.

Chronique d'une dégringolade (ou comment se faire porter pâle en Réunion)

Et pourtant, dès l'entrée dans le parc à St Pierre, les officiels ont tout fait pour m'éviter la déconvenue qui allait suivre plus de 24h plus tard. Au contrôle des sacs et du matériel obligatoire, on me reproche la largeur insuffisante de mes 2 bandes de contention. J'ai beau leur expliquer que la différence de largeur n'est pas critique, le jeune contrôleur a des consignes strictes, je dois aller m'acheter d'autres bandes (avec quel argent ? où est la pharmacie ouverte à 21h30 ? !! ) et ça s'envenime même pas mal au niveau de la voix quand le responsable de la "sécurité" (c'est le titre dont il est fier, visiblement, et il se la pète grave) vient me faire la morale, me maudissant comme si j'étais un vilain trailer, un tricheur, qui oublie les pré-requis sur ce genre de course (ce sont ses mots, du moins le peu de mots qu'il pratique). J'ai beau lui expliquer que je connais ces courses, que c'est ma 4ème diagonale, que je suis fou de cette course (tous les arguments y passent, en vain). Mon salut viendra d'un gentil vieux monsieur qui me dit alors qu'il va m'en trouver, lui, des bandes ad hoc. Il part puis revient 3 mn plus tard et m'en fournit en effet et je peux enfin entrer dans le parc aux coureurs, non sans remercier chaudement mon sauveur. Je peux enfin calmer mes nerfs et aller m'asseoir par terre pour faire retomber la pression et attendre le départ. Il reste environ 30 minutes avant que nous soyons livrés à nous-mêmes .

Départ de Saint Pierre à 22h30 : chaude ambiance sur les 3 km de boulevard rectiligne le long de l'océan, des milliers de personnes massées de chaque côté de la route, il fait très lourd, je suis déjà en nage (en âge aussi) au bout de quelques centaines de mètres, ça promet.

Quand on quitte le bord de mer, la montée commence, elle ne se terminera vraiment qu'au piton Textor, presque 40 km plus loin.

Dans cette première portion montante, je fais un petit coucou à Margot, placée comme convenu sur le côté droit de la route. Une chance que je l'aperçoive, tant il y a foule, qui crie, qui applaudit, qui nous appelle par nos prénoms marqués sur nos dossards, nous traitant de fous. Je leur réponds que ce sont eux les fous, tellement déchaînés qu'ils sont.

L'ambiance va se calmer quand nous entrons dans les plantations de canne à sucre, le silence et la concentration se mettent en place. Trouver le bon rythme, ne pas s'inquiéter de se faire doubler, respirer, la nuit s'annonce claire et la fraicheur se fait bien sentir en quittant le niveau de la mer.

Chaque traversée de village va se traduire à nouveau par l'hystérie collective, une haie d'honneur est même faite à l'entrée de Montvert-les-Hauts, les coureurs devant se frayer un chemin au milieu des spectateurs qui sont chauds comme la braise. Idem à l'arrivée à Domaine Vidot (Km 15, 660m, 1h52 de course) où il faut bouchonner 2 à 3 mn pour se faire pointer, provoquant l'énervement de certains impatients.

Ce sera ensuite de longs passages techniques en forêt, des marches taillées sur les racines, et la file indienne, quasiment au pas pendant 30 mn. Je m'impatiente car nous sommes vraiment coincés, les portions scabreuses rebutant a priori certains coureurs. La prochaine fois, je partirai devant avec François Dhaene ! Heureusement un chaleureux coup de fil me fera prendre "mon mal en patience". Au fait, glissons un peu de culture dans ce récit passionnant, palpitant et merveilleux ... : l'origine de cette drôle d'expression vient, selon mes recherches précises, de certaines femelles qui voulaient "prendre leurs mâles, impatientes". Et les mots ont été peu à peu déformés.

La suite vers Notre Dame de la Paix se fera à une allure de course plus correcte, sachant que nous allons dérouler sur un chemin sinueux, puis sur une longue portion de bitume avant d'y arriver.

Ensuite on enchaîne par une succession de gros dénivelés à travers les champs, en franchissant les échelles sur les clôtures, toujours en prenant du dénivelé. La température commence à être plus que fraîche, nous sommes vers 1800m, certains supporters locaux ont même fait un gigantesque brasier, mais il n'est pas question de s'y attarder. Même pas de merguez à proposer, je me casse !

Piton sec (Km 36, 1850m, 4h56 vendredi matin, soit 6h26 de course) : le mal nommé, car la pluie, forte, vient de s'inviter et ne cessera environ que 6h plus tard. Soupe et thé au ravito, il faut se charger pour lutter contre le froid et ressortir sous cet arrosage. Gore-Tex et cape de pluie vont protéger le bonhomme.

Bonnes sensations, les jambes tournent bien, le sentier est agréable en quasi surplomb de la plaine des remparts. Le paysage est noyé dans la brume. Dommage pour les photos ! Une portion sur la route menant au volcan sur le dernier kilomètre pour rejoindre les antennes de Piton Textor.

Km 40, 2165m, 6h07 vendredi matin, soit 7h37 de course.

Ravito en plein vent, malgré les tentes, il faut tailler la route, j'ai froid dans ce courant d'air, d'où l'expression : "je passe en coup de vent". La punition du froid sur mon ventre humide ne va pas tarder, je suis pris d'une colique "frénétique" qu'il faut soulager. "Coliques dans les prés fleurissent, fleurissent, coliques dans les prés, c'est la fin de l'été", souvenez-vous de cette comptine que vous appreniez par coeur, en allant manger à la contine, à l'école primaire, enfin pour ceux qui y sont allés. Je commence donc à descendre sur le sentier sinueux direction le chalet des Patres, la terre est sablonneuse, le terrain est idéal pour que j'y décide de déposer le bilan en urgence, entre quelques buissons à l'écart du sentier qui suffiront à peine à masquer mon humble posture. Passionnant ce descriptif , n'est-ce pas ? Le lecteur réclame souvent du détail, du concret, du suave, pour bien apprécier la difficulté et les spécificités d'une telle épreuve.

Allégé de ce fardeau, je retrouve ma vitalité et je vais pouvoir dévaler, direction la N3, en longeant les nombreuses clôtures, les champs d'arums sur les monotraces. La pluie redouble d'effort pour nous rincer, la plupart d'entre nous sommes néanmoins jambes nues, le déluge n'étant pas très froid. Le vent d'Est vient compléter le tableau, ça cingle bien sur le visage. Après la traversée de la N3 et le nombreux public qui nous y encourage, le chemin bitumé est recouvert de flaques d'eau. Rien ne restera sec ...

Les maigres tentes de Mare à Boue sont prises d'assaut et saturées par les coureurs cherchant un peu de chaleur.

Km 50, 1600m, 7h39 vendredi, soit 9h09 de course.

J'avale une soupe, quelques pâtes. Dehors c'est le déluge. Je me dis que la seule solution de ne pas trop se refroidir est de bouger, donc avancer le plus vite possible, en faisant des grimaces aux éléments déchaînés. Le début de la montée du coteau Kerveguen se passe plutôt bien, sachant que nous bifurquons vers l'Ouest et que nous entrons dans la forêt, les effets de la pluie et du vent conjugués vont donc s'estomper pour laisser place à l'habituel chemin où la boue s'accentue, le sentier se transformant en rigoles (ça ne me fait pas rire), en flaques, en cloaques. Floc, floc !!

Chronique d'une dégringolade (ou comment se faire porter pâle en Réunion)

La dernière partie avant Kerveguen devient pénible et longue pour moi, je commence d'un seul coup à manquer d'énergie, je suis trempé sous mon gore-tex, le sentier est très technique, avec de grosses racines, des échelles, de grosses marches très glissantes. Après coup, je réalise que je n'éprouvais pas particulièrement de sensations de faim ou soif depuis Mare à Boue. Je ne pense qu'à me réchauffer en remuant le plus possible. Ceci aura peut-être une conséquence plus tard.

Coteau Kerveguen, Km 60, 2200m, environ 10h vendredi, 11h30 de course.

Les 800m de dénivelés descendants en lacets sur 2 km vers Mare à Joseph sont toujours aussi impressionnants. Je suis toujours surpris qu'on perde si peu de monde dans les ravins. On s'accroche où on peut, aux branches, aux autres concurrents, à ses pensées, aux soutiens des personnes lointaines ou proches ... Le rythme est prudent, voire lent, il y a toujours des ralentissements provoqués par des coureurs n'ayant pas le pied trop sûr sur ces escaliers irrégulièrement naturels.

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Juste avant l'arrivée sur Mare à Joseph, il me semble que la pluie cesse, cela fait presque 6h qu'elle nous accompagnait.

Cilaos, visible en bas, est ensoleillée, ça va faire du bien d'avoir un peu chaud.

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Mare à Joseph, Km 62, 1400m, 11h09 vendredi, 12h39 de course

Je quitte enfin le gore-tex, le soleil est là, bien chaud. J'appelle Margot pour un peu de réconfort et j'en profite pour lui dire que je serai à Cilaos vers 12h.

Chronique d'une dégringolade (ou comment se faire porter pâle en Réunion)

Descente en partie sur macadam, puis partie très pentue pour remonter après le Bras Benjoin (1100m)

Enfin l'arrivée dans Cilaos, beaucoup de monde au bord de la route, beaucoup d'encouragements, puis l'entrée dans le stade où le micro du speaker et l'ambiance musicale nous mettent du baume au coeur (et non beau moqueur) et au corps, et aux cors, encore et encore, aux pieds !

Km 66, 1200m, vendredi 11h54, 13h24 de course

Je récupère mon sac d'assistance et je procède au change intégral, seul au milieu du stade, sans aucune pudeur de dévoiler mes affriolantes fesses à la pelouse, verte de jalousie, qui en rougit aussitôt à vue d'oeil. Tout y passe, mes pieds sales ont droit à des chaussettes toutes neuves (jamais servies) et à une grosse couche de Nok. On se sent un autre homme avec cette nouvelle tenue seyante à mon teint resplendissant. Un petit coup de fil reçu de mon fan-club préféré, quelques sms bienvenus ramènent le moral et le sourire, complétés par le soleil qui tape fort. Bon, il faut penser maintenant à bien se restaurer. Je rends mon sac d'assistance et gagne le ravito "4 étoiles", me tape quelques nouilles fadasses et collées, un peu de jambon, 2 yaourts à boire et une pomme. Mais pourquoi me souviens-je si précisément de cette collation ? Je discute avec les voisins de table qui ne semblent pas pressés de repartir. Alors que moi, si ! Je veux enchaîner, profiter du beau temps, tailler la route. Et le gros morceau qui s'annonce : la montée à la caverne Dufour par le Bloc, qui ne sera pas pour moi une montée à bloc. Cette portion, je me souviens bien l'avoir plusieurs fois descendue, je me remémore la hauteur particulière des marches. Mais là, il va falloir grimper ces escabeaux, qui vont devenir pour moi de véritables escalaids. Et ça va durer, une sacré durée, en principe sans crise d'urée ...

12h45 environ. J'emprunte la route bitumée qui quitte Cilaos par le Nord, j'en profite pour faire le touriste de base qui n'a jamais vu Cilaos.

Chronique d'une dégringolade (ou comment se faire porter pâle en Réunion)
Chronique d'une dégringolade (ou comment se faire porter pâle en Réunion)

Je monte lentement direction le Bloc, je me trouve bien lourd d'un seul coup, pas de jus, et nous sommes encore sur le macadam.

Le Bloc, Km 70, 1400m, 13h23 vendredi, environ 15h de course

Voilà, nous y sommes, la bifurcation à gauche, le chemin qui serpente dans la clairière, on attaque l'infâme grimpette. Et je vais y passer plus de 2h30, à me faire doubler par quasiment 100 concurrents, à faire des dizaines de pauses tellement je me sens essoufflé et inefficace, je m'asseois plusieurs fois sur des gros cailloux, je suis même pris de violentes crampes au-dessus des genoux, que j'ai mille peines à calmer. Un calvaire, je ne sais pas comment je viens de basculer en si peu de temps vers cet état piteux. Une dernière vue prise côté Cilaos, avant de ne plus la distinguer.

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La montée au refuge de la Caverne Dufour (Gite Piton des neiges) va se faire au rythme escargot tellement j'en bave, je n'ai pas de force pour lever les jambes à chaque pas. Je mange mes barres énergétiques, je bois souvent des gorgées dans ma pipette, mais rien n'y fait. Le réconfort d'un appel téléphonique ne me redonnera pas la motivation nécessaire. La lente procession durera bien jusqu'au refuge où je vais retrouver un peu d'énergie et d'envie.

Caverne Dufour - Gite du Piton des neiges - Km 75 - 2480m - Vendredi 16h - 17h30 de course

Le retour d'un profil plus calme, malgré un sentier très rocheux, va me redonner un peu d'allure et de forces. J'en profite pour appeler Margot pour lui donner ma prévision horaire concernant l'arrivée à Hellbourg, où mes 2 assistantes/masseuses/coach m'attendent.

Une vue sur la forêt de Bébour depuis la caverne Mussard.

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Le sentier globalement descendant vers le gite de Bélouve va, après le saute-mouton à travers les rochers, peu à peu devenir un jeu d'acrobranches ou d'acroracines, entrecoupé de nombreuses marches taillées dans les pentes. Impossible d'avoir une allure efficace, il faut s'accrocher, se tenir, s'accroupir, s'asseoir, s'aider des éléments environnants.

Une photo du côté Salazie (Piton d'Enchaing) avant que la nuit ne commence. Je ne savais pas encore que ce serait la dernière photo de mon "safari" ...

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Le groupe dans lequel j'évolue (tu parles !! ) est à l'unissson, tout le monde râle et maudit cette forêt où chaque succession de fossés, de vides, de trous, de "accroche-toi où tu peux". Aucun endroit pour trottiner, hormis parfois par portions des centaines de marches bien taillées avec des rondins de bois ou des planches, je me sens l'âme d'un menuisier ou d'un bucheron, un peuplier devant tout le bouleau qui reste, j'envie Léonard de 20 scies, écoutant les troncs sonner. Non pas l'étron sonné. Le gite de Bélouve se fait désirer, il arrive enfin juste avant qu'il ne fisse (ou fille) trop sombre et, connaissant mieux la descente qui va suivre vers Hellbourg, que j'avais dévalée à vive allure en 2011, je suis un peu rassuré.

Gite de Bélouve - Km 83 - 1500m - Vendredi 18h30 - 20h de course environ

Je ressors la frontale et vais tenter de descendre à vive allure vers mes supportrices, à qui je redonne une idée plus précise de mon heure d'arrivée. Hellbourg est tout petit en bas, elle va me sembler longue cette descente, je n'ai pas de super sensations mais le réconfort moral est tout en bas. Margot et Marie sont venues à ma rencontre à la sortie du sentier avant l'attaque du macadam jusqu'au stade.

Hellbourg - Km 87 - 1000m - Vendredi 19h20 - 20h50 de course

Je me ravitaille, discute avec mes fans, leur indique que j'ai besoin de me refaire la cerise, si je peux. Marie masse mes mollets et cuisses avec l'huile miracle, enfin j'espère. Je me fais guider vers le gymnase où je vais passer 1h allongé sur un tapis, parmi les nombreux autres concurrents, je demande aux filles de repartir, de rentrer se coucher, je leur donne rendez-vous le lendemain sur le parcours, il est inutile qu'elles attendent ici sans rien faire pendant que je me repose, je vais donc tenter de reprendre des forces, espérant que cela va être bénéfique. Je n'arrive pas à dormir, comme d'habitude mais je suppose que ceci n'a pas été inutile. Avant de repartir dans la nuit, je me ravitaille à nouveau, même si je n'ai pas faim, je vais faire une ponte (pas de surpoids à trimbaler) et me décide enfin à quitter ces lieux un peu chaleureux. On m'annonce une montée "pas piquée des vers" (expression typique du marais poitevin réunionnais) vers le col de Fourche. Je constate que ma pause a duré 2 heures au total, ce qui ressemble plus au club Méditerranée qu'à un ultra-trail.

Vendredi 21h15, je quitte Hellbourg

Je me sens plus que mou pour ce redémarrage, mais je mets ça sur le compte de l'arrêt prolongé, auquel je n'ai pas franchement l'habitude. Cela tombe bien, ça commence par une descente sur macadam jusqu'à la passerelle Trou Blanc - Ilet à Vidot, je trottine peu, j'essaie de retrouver un peu d'envie.

Ilet à Vidot - Km 91,5 - 680m - Vendredi 22h07 - 23h37 de course

Ici on attaque 10 bornes de montée, direction le col de Fourche. C'est là que j'ai vite compris, tant que j'avais un peu de lucidité, que j'allais morfler et que la crise de la montée du Bloc n'était pas dissipée. J'adopte un rythme assez lent, la montée est très prononcée, je suis seul depuis Hellbourg, je me fais parfois doubler, voire tripler, je vais garder un peu d'énergie jusqu'au petit ravitaillement de Grand Sable, 24h45 de course, où je bois normalement. Il est 23h15, la nuit est fraiche, je reçois encore un chaleureux coup de fil de mon fan-club en métropole et je reconnais alors que le bonhomme est atteint, qu'il n'est pas brillant et que le col qui s'annonce va sans doute lui faire du mal.

La pluie va s'inviter, de plus en plus forte, j'enfile le gore-tex et une couche plastique supplémentaire pour protéger le gars et le sac. La rincée va commencer, dans la durée, mon calvaire aussi ...

La montée à la plaine des Merles va m'apporter des tas de symptômes inquiétants, tous rassemblés, les lacets sont interminables, les rampes se ressemblent toutes.

Je bascule dans un état second, du moins selon ce dont je me souviens, je suis essouflé, épuisé, rincé, frigorifié, je perds la lucidité, j'attends l'abri de la plaine des Merles pour me poser, me mettre au chaud. Je mange quelques barres, je bois, pensant qu'il me faut retrouver des forces. Je titube souvent, y compris sur quelques traversées de torrents sur des pierres glissantes, le vide m'attire, plus loin je m'assomme sur une branche qui a dû croiser ma route sans mettre son clignotant, un coureur me relève, constate que je saigne au cuir chevelu, mais je repars, heureux (!!) que ma frontale ne soit pas cassée. Je fais des pauses nombreuses, incapable de suivre le rythme de quelques compagnons de course qui me proposent de m'accrocher à eux. Je n'ai pas l'envie de me coucher dans l'herbe trempée ou sous un rocher, comme certains choisissent, j'ai trop froid et la pluie forte n'a pas l'intention d'aller se coucher. Je n'ai plus trop de notion du lieu, de l'heure qu'il est. Cette agonie va me sembler éternelle, et enfin j'aperçois ce que j'attends depuis plus de 2 heures, la lueur, les lumières du ravito attendu ... Mon premier réflexe est de trouver du réconfort et d'aller directement consulter les secours. Après coup, je vais assez vite regretter cette option, mais sur l'instant avais-je la lucidité, le choix de faire autre chose ? Je vais raconter mes malheurs au médecin de service, ses paroles vont me faire du bien (sur l'instant, mais pas dans les jours ou semaines qui vont suivre ...). Au vu de mon récit et des questions qu'il me pose, il me dit que je n'ai plus le choix maintenant, il va me prendre en charge, "il faut que tu arrêtes tout de suite de te mettre en danger", cette phrase trotte encore dans ma tête, en boucle, plusieurs mois après. Sur l'instant, ses paroles et les gestes de secours vont me faire du bien, me rassurer, me convaincre de laisser tomber. Je ne réalise pas encore les conséquences, je voudrais prendre le temps de cogiter tout ça, mais la détresse, dans laquelle je me suis enfoncé, prend le dessus et je cède aux charmes de la chaleur retrouvée, du lit de camp, de la couverture de survie dont on m'entoure, du sourire de pitié des secouristes. Je ne réalise pas que je me laisse retirer le dossard, on note le numéro pour prévenir l'organisation. Dès que possible, après quelques heures d'attente (?), une ambulance va nous (moi et les multiples abandonneurs entassés ici) transporter au col de Fourche où les accès en voiture sont possibles depuis Salazie.

La suite n'est que le début d'un cauchemar, petit à petit, puis de plus en plus obsédant, au point de ne pas vouloir quitter mes pensées pendant les semaines qui suivirent. Sans doute pas préparé à ça, sans doute trop sûr, et sans prétention affichée, de ne jamais être concerné à l'annonce du taux à peine supérieur à 50 % de finishers, sans doute trop décontracté et n'ayant jamais eu une seconde à l'esprit que l'arrivée à La Redoute pouvait se faire sans moi ...

Aussitôt ou presque, 24h après, s'est mis en place un sentiment proche de la honte, un goût d'inachevé, une situation ridicule en totale opposition avec le compte-rendu antérieur à la course. Tout repasser en boucle perpétuelle dans sa tête, trouver des raisons. J'avais toutes les raisons d'être fort, j'étais porté, parfois invincible, sublimé par les encouragements reçus à distance. Aucune excuse donc. Le malaise était ancré en moi, la tristesse, le gâchis car c'est impensable, on ne va pas sur la Diagonale pour casser en chemin.

Le pire fût sans doute d'assister, même sur une période réduite, aux arrivées à La Redoute et aux euphories que celles-ci provoquent chez les finishers. Surtout en sachant, pour l'avoir vécu 3 fois, ce que cela représente pour un trailer au bout de tant d'heures d'effort.

Puis peu à peu s'est installée une obsession, un sentiment de revanche à prendre, une vengeance à accomplir. Contre qui, contre quoi ? Contre le sort, contre les éléments, contre le hasard et la combinaison de facteurs pas toujours rassemblés et tournés vers l'objectif. Cela peut sembler ridicule, ou de l'orgueil mal placé, mais c'est le moyen d'évacuer et de retrouver ma place au sein de cette course si mythique.

C'est décidé, il est interdit que cela recommence, la prochaine fois, c'est promis, je crèverai sur le sentier en diagonale plutôt que d'aller me laisser influencer par les paroles de réconfort de ceux dont le rôle est de vous préserver en bonne santé, du moins en bonne santé physique. Et je continuerai pour autant à respecter leur extraordinaire dévouement, leur compétence et leur passion. Mais je n'irai pas jouer dans leur cour, je n'irai plus leur conter mes misères, c'est trop dur de ne pas se faire mal pour franchir les mauvaises passes. C'est trop dur d'échouer et d'assumer la défaite, et sans doute beaucoup plus difficile que de terminer usé, cassé, mais finisher ....

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 13:09
Diagonale du flou, édition 2014
Diagonale du flou, édition 2014

Une fois n'est pas costume, pourquoi ne pas faire un compte-rendu avant ? Ce sera fait et au moins mes souvenirs ne seront pas pollués par la fatigue, Alzheimer, le décalage Aurère (ah, ah !! ), l'émotion, ou que sais-je d'autre, le délirium très mince. Mes neurones sont a priori encore intacts et aptes à relater cette aventure sans dériver comme souvent il arrive après les heures passées sur les sentiers, le regard hagard du Nord.

Maintenant il me reste à respecter à la lettre ce plan pour le grand jour.

Jeudi 23 Octobre 2014. Il est un peu avant 23h. St Pierre nous accueille au paradis, celui de l'ultra-trailer sans doute, celui où tout est euphorie (l'oeuf au riz est une spécialité culinaire locale) avant de prendre le départ, celui des beginners qui ne réalisent pas encore que seuls 60% d'entre eux seront finishers et pourront se la péter avec le tee-shirt jaune "j'ai survécu", arrivés à La Redoute. Non, pas le catalogue, pour répondre à trois suisses qui n’ont pas compris ...

La Redoute, la mal nommée, tant elle n'est pas redoutée, mais tellement attendue, entendue même dans les derniers hectomètres de l'ultime descente salvatrice de Colorado.

Cette course, c'est l'occasion pour moi de me demander dans quel état j'erre.

Le Grand Raid, c'est de l'amour, du partage, de la ténacité, de l'obsession, de la passion, de l'introspection, de la contradiction, de la folie, de la vie, des odeurs, des rencontres, un défi, de la tension, de la pression (sans parler de celle qu'on avale au bar sur le stade à l'arrivée), de la souffrance parfois, de la fraternité, un mythe, de la volonté, des bobos, des blessures parfois, une drogue, un combat, un rêve, un sacerdoce (ça sert d'os ? ah oui, mais lequel ? ), une promesse qu'on se fait à soi-même, de la peur, du plaisir, un objectif (et donc des photos en cours de route), des pensées, des encouragements, des surprises, du suivi des supporters en live, du masochisme selon certains, une découverte de soi, des aveux, un fantasme, des sensations, des questions (pourquoi je fais ça ? ) et donc beaucoup de réponses, de l'abnégation (abaffirmation, ça n'existe pas ? ), une révélation, de la contemplation, du bonheur.

Ce déballage de définitions ci-dessus n’est globalement pas sorti que de mon imagination, j'ai emprunté la majorité, j'ai adapté, j’ai adopté, j'adhère, je partage presque tout, sans limite.

En attente d'être jetés en pature à la nature tropicale, les 2500 candidats sont vautrés, la tête dans les mains, concentrés, la tension est perceptible durant ce compte à rebours oppressant.

Kilian étant absent, il m’a confié le rôle ingrat de le remplacer. « Fais tout péter, mets-les minables ! Imite-moi ! Je sais que tu peux le faire ! Tu es mon digne successeur, etc … « m’a t-il dit, les larmes aux yeux, lors de notre dernier entrainement commun (un aller-retour Chamonix–sommet duMont Blanc sur un après-midi fin août dernier). Je pense qu’il m’a pris pour un autre … Mais je lui ai promis de tout donner pour faire oublier son absence au peuple réunionnais.

Il est l’heure, les fous sont lâchés de leur enclos à 23h. Privés de volcan mais pas de pitons, la lave coulant dans leurs corps leur donnera la force d'affronter les presque 10000 m de dénivelé positif. Enfin pour la majorité.

Les cadors partent à l'allure d'un 1500m, je m’efface, enrhumé par leur passage. Beau joueur, je me contenterai de leur laisser une chance de passer deux fois moins de temps que moi sur les sentiers. Quand on aime, on ne compte pas, ni ses heures, ni ses heurts, ni 16 heures (ce sera au minimum le délai que le vainqueur devra attendre pour me payer sa tournée). Et ce serait également bien d’arriver à 16h samedi.

Adieu Xavier, Antoine, François, Pascal, Erik, Didier, Freddy, Marcelle, Renaud, Ludovic, Nathalie, Christophe, Cyril, qui me font l’accolade ou la bise, ou m'embrassent avec ferveur (c'est selon l'égout), la larme à l’œil, émus, attendris de ne pouvoir s’adapter à mon rythme endiablé et me donnent rendez-vous à l’arrivée après leur grosse pause dodo, la bière locale.

La foule est difficile à fendre sur ces tous premiers kilomètres, surtout pour moi qui suis tendu comme le messie (mais si ! ), tout le monde veut me toucher, m’embrasser, me palper, recevoir des gerbes de ma sueur brûlante et fumante, les femmes crient comme si elles étaient à un concert de Patrick Bruel (ou bien Patrick Juvet qui beuglait jadis « où sont les femmes ? «, je me demande bien pourquoi ), leurs maris baissent les yeux pour cacher leur désarroi, les enfants hurlent à la mort, les chiens aboient (Os court !! ), la caravane passe, on a droit ici à une ambiance type « Tour de France » dans les grands cols, pour ceux qui comme moi connaissent cet émoi (c’était moi ? ) et ont escaladé le Tourmalet en tête du groupe d’échappés (de l’asile ? ) comprenant Pélissier, Leducq, Bobet, Anquetil, Hinault (piné), Merckx, Coppi (conforme), Bartali, Fignon (un vrai trou), Indurain, Gaul (le pêcheur) et Bahamontès … rien que ça ! Eh oui, ce jour-là , Armstrong, manque de pot (ou d'EPO), était parti marcher sur la Lune avec sa trompette et n’avait pû suivre l’allure infernale que j’imprimais, serein sur ma selle, cheveux "poivre et selle", en sifflotant la mélodie du film culte « l’arrière-train sifflera 3 fois ».

Revenons à nos moutons ! Je pense que je m’étais brièvement assoupli, j’étais en train de rêver, plutôt que de les compter.

Un début de course tout en douceur, ça monte tranquillement et ça va durer …

Piton Textor (Km 40), où on reçoit des tas de SMS, d'où son nom : la nuit est maintenant loin, le lever du jour a mis en background (ça en jette une telle expression anglo-saxonne en plein Grand Raid ! ) toutes les pensées pessimistes qui auraient pû passer par mon esprit tordu et le soleil commence à taper sur cette bosse (le piton, suivez un peu, s'il vous plait ! ) qui constitue la bascule vers un peu (!) de profil descendant. L’accueil toujours aussi chaud, la musique à donf, la passion et le dévouement des bénévoles. Et ce sera partout le même régime, je le sais d'avance. Direction le Nord (c’est le Noooord ! ) vers ce Piton des neiges qui sort sa tête discrètement au-dessus de la mer de nuages.

Mare à boue (Km 50) : la bien-nommée parfois dans la portion qui va suivre. Un peu de pause sur l’herbe à l’ombre des tentes de ce gros ravito. Jusque là, tout va bien, la course n’est pas commencée, le corps répond encore à peu près aux sollicitations du terrain. Il est l’heure du petit déjeuner, tout est tentant sous ses pétantes tentes tendues et tant attendues et j'apprécie vraiment les nombreuses victuailles proposées. Grosse bouffe, faut prendre des forces, la journée va être longue et celle de demain aussi ! Et déjà les notions de temps, de jour qu’il est, semblent parfois m'échapper. Où suis-je ? Où cours-je ? Dans quel état j’erre ? Qu'on m'asperge !

Au départ de la Mare, après la boue, les arums et les franchissements de clôtures, on attaque les raidillons glissants, techniques, racineux du coteau Kerveguen.

Diagonale du flou, édition 2014
Diagonale du flou, édition 2014

Coteau Kerveguen (Km 60) : ambiance rock and roll, ou rave party. Ça booste pour la plongée de fous qui nous attend jusqu’à Cilaos : vertiges, racines, échelles, forêt, lacets à n’en plus finir. Et Mare à Joseph en bas qui n’arrive jamais … Vigilance, on surveille ses pieds, le vide peut nous attirer. Heureusement il fait sec !

J’aime ces descentes vertigineuses, piègeuses, techniques à souhait. On détecte vite ici ceux qui craignent de s’engager. Le vide, or, dure assez longtemps ! Et pas facile de doubler sans les pousser au ravin ou se mettre soi-même hors-jeu ! Pas de folie, il reste de beaux moments à vivre d’ici La Redoute.

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Cilaos (Km 66) à l’heure du digestif : une ville, la civilisation, le monde, les cris, les supporters, l’ambiance autour du stade, les grillades, la musique, le sac d’assistance pour y retrouver du change et un baril de rhum arrangé au cas où. Et puis sans doute la présence de mon assistante Margot …ça va booster. Ne pas trop traîner, rester lucide, concentré, le chantier n’est pas fini. Les gestes essentiels : changer de tenue pour se faire beau, se raser, épiler ses aisselles, essuyer la vaisselle (c'est pour la rime), triangle isocèle (là, ça veut plus rien dire ! ), se faire le maillot, vernir mes ongles d'un coloris assorti à mon string, un peu de ricil sur mes yeux parce que je le vaux bien. Et c’est reparti pour la descente à Bras Rouge avant d'attaquer ce juge de paix qu’est le col du Taïbit, à savoir presque 5 bornes de montée parfois bien raide.

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Il fait très chaud et l’ombre se fait rare. Serrer les dents, la bascule dans le cirque de Mafate est proche. Au passage du col, près des 3 Salazes, on entre dans le sauvage, le vert, le rustique, la roche, les ilets accrochés aux pentes ou posés sur les quelques plateaux horizontaux. On se croit sur une autre planète, même si je n’ai pas encore eu l’occasion d’en visiter une autre, on se sent petit, écrasé par les reliefs, étouffé par les cimes qui nous entourent, mais tellement en symbiose avec cette nature tropicale. Il faut vraiment, à cet instant, beaucoup de lucidité pour placer le mot « symbiose » avec parci-monique (une amie à moi) et à bon essieu.

Marla (Km 77) : 1er ilet visité dans le cirque de Mafate en cette fin d’après-midi, la nuit tombe, on y trouve des tentes (détente) pour s’étendre si le corps ou la tête réclament du répit. L’accueil, toujours aussi intense. On est obligé d’avoir du courage, ces bénévoles-là n’ont pas fait le voyage et tous ces efforts pour nous voir résignés. Donc je la refais et je chante : « Marla, ilet des nôtres, et j’ai bu mon verre comme les au-au-tres … »

S’équiper pour la nuit qui commence, ne pas commencer à réclamer son lit, ni enfiler son pyjama, il n’est pas prévu que je dorme déjà, on verra demain soir ….

Direction le col des Bœufs (Km 83), oh la vache ! je trouve sabot, meuhhh, tant pis, je veux savoir ce que je veau, je prends le taureau par les cornes, ce sera via la rivière des Galets (ou rivière des gars laids, mais je ne suis pas concerné, ni con cerné), pour une portion remontante (donc vers le haut pour les plus niais des lecteurs), avant une longue replongée vers le cœur du cirque, et la piste aux étoiles pour ceux, un peu croulants, qui ont connu cette époque et qui vont y passer cette nuit comme moi. Puis vont s’enchaîner des portions moins éprouvantes (quoique), plutôt en fond de cirque, en slalomant d’ilet en ilet .

La Plaque (Km 92), Ilet à Bourse (Km 94), Grand Place (Km 97) : autant de havres de paix, de générosité de nos hôtes aux ravitos.

Diagonale du flou, édition 2014

Les étoiles dans le ciel, les masses obscures des sommets tout autour. Obsédant !. Se concentrer juste sur le halo (mais qui est à l’appareil ? ) de la frontale.

Nous sommes désormais samedi, mais comme je suis seul comme Robinson sur son île, donc sans Vendredi, je devrais employer le singulier et dire » je suis désormais samedi », mais samedi rien comme expression. Seul dimanche peut dire "je suis samedi" . D'autre part « je suis samedi « pourrait faire penser à ce qu’on soit juste avant dix manches, alors qu'il y en a beaucoup plus que ça derrière moi. Pourvu qu’elle m’ait crû Zoé, avant que je ne sois cuit !

"Nous sommes", oui, à vrai dire, je ferais bien un petit somme, à défaut de me faire dodo, la bière locale. Le somme, le plus dur est de s'y soustraire, comme d'autres addi(c)tions. A multiplier tant d'inanité, je me sens franchement divisé. Vite une piqure !

Diagonale du flou, édition 2014
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Puis le toboggan mafateux se poursuit par la remontée à Grand Place les Hauts, la redescente à la rivière des Galets (encore ces mecs moches qui traînent au bord d'elle, je parle de la rivière ! ), la pente très raide vers Roche Plate (105 bornes pour le conteur), le passage assez périlleux de la Brèche où je ne vois pas Roland, dur en dalles, sans doute encore coincé à Roncevaux, un peu de gaz sur notre droite, et je vais devoir reprendre mon souffle (que j'avais prêté) car la portion suivante va calmer mes ardeurs : remontée au balcon du Maïdo (Km 111) par lequel on s’échappe du cirque, tel le lion sort de sa cage, ce qui va constituer, nez en moins, tout de même, malgré tout, de surcroît, au bas mot, environ exactement 1700m positifs, à peu de choses près, sur les 11 derniers kilomètres parcourus. Petit braquet, ça va le faire, le nez dans le guidon. Déniveler positif, il n'y a pas d'autre alternative avant la prochaine des sentes ...

Diagonale du flou, édition 2014
Diagonale du flou, édition 2014

Pas fâché d’être sorti de Mafate par ailleurs qu’à Dos d’Ane (non, ce n’est pas le fait d’être juché sur un autre concurrent un peu con ! ), ça change un peu. Et puis la rivière des galets (à franchir donc par des mâles "pas que beaux" ! ), sur les anciens tracés du GRR, il fallait se la traverser à maintes reprises, et elle ne se laissait pas faire, cette bougresse de rivière "dégâts laids" !

Dommage de ne pouvoir profiter du point de vue magnifique à cette heure nocturne ! Donc ici point de vue ! On ne voit rien. Y compris quand on ferme les yeux ou qu'on ouvre la bouche ! Et donc point d’exclamation non plus devant la beauté d'un paysage stupéfiant ! J’ai encore ici beaucoup de points d’interrogation sur la suite, par contre point de suspension … car mes amortisseurs sont à changer ... Il y a beaucoup de monde au balcon (du Maïdo), tous ces Réunionnais hystériques sont visiblement venus pour m’encourager car ils me scandent tous des slogans judicieusement choisis : « Avance fainéant ! Mais qu’est-ce que tu foutais ? Dételle ta remorque ! On se les gèle ici et toi tu glandes ! Grouille-toi, on t’attend depuis des heures. «

Du moins c’est ce que j’imagine dans mes délires les plus hallucinatoires (du Nord Deux-Sèvres donc). A titre de comparaison, en Corse, je suis plus habitué à ce que les supporters, avec leur réserve naturelle, scandent « Hola ! » .

Je vais devoir maintenant me laisser rouler en boule sur quasiment 20 km descendants, en majorité à travers les bois peuplés d’arbres. Je passe un peu plié, comme le bucheron partant au bouleau. Car il y a encore du taf. Et pas simple ! Mais on revient bientôt au niveau de l’océan (indien vaut mieux que deux, tu l'auras ! ah ça, vous l'attendiez pas celle-là ! ) et le jour se lève encore, comme Jean-Louis chante dans les couloirs de la station de métro. Donc le sourire est là, même si le bonhomme est las, hélas, et là, vous suivez ?

Stade Halte Là (Km 130) : Comme son nom l’indique, je fais évidemment une pause ici pour le petit déjeuner avec croissants, ti-punch frais, rougail-saucisse et un nougat glacé pour finir. Il est important de se faire sustenter (eh oui, ne comptez pas sur moi pour jouer sur les mots ! ) et surtout ne rien lâcher (seule ma culotte saura et elle garde tout pour elle, la pauvre).

Encore un coup de cul pour rejoindre la côte. Attention ici, à ne pas se méprendre sur cette expression : il ne faut pas interpréter cela comme un coup de bol ou un coup de chance. Un coup de cul est une grosse à escalader ... enfin une grosse bosse pour être tout à fait précis, complet et sans équivoque. Sinon on peut parfois parler dans certains cas d'un coup de gros cul. Le bavoculaire est très imagé en trail, il ne faut pas systématiquement y voir du mâle.

La Possession (Km 143), à l’heure du déjeuner avec Margot, ma fille du bord de mer (ce serait chouette, comme disait Adamo), où je vais pouvoir y déguster ses divers fruits (de mer), dont un homard, trois langoustes, dix huitres (ou bien deux fois neuf), avant de me remettre rapidement au bulot car il reste du chemin à parcourir … Je commence à être bien crevette car ce homard m’a tué. Je repars, repu, ça ne sent donc à nouveau pas bon.

Et maintenant le chemin des Anglais, pavé de mauvaises intentions, où j’avais laissé mes dernières forces il y a 3 ans. Affreux, et les jambes ne répondent plus comme avant. Une montée et une descente bien raides sur des pavés ou dalles inégales en grès, où les quadriceps vont morfler. Mais comme toute la mécanique est déjà en vrac, je ne risque plus rien, le moteur fume, je fais de l’huile, je rêve d’une vie d’ange, ainsi que d'un bon grès sage.

La Grande Chaloupe (Km 150) : retour au niveau de l’océan. J’aperçois des ailerons de requins qui surfent droit sur moi. On ne peut pourtant pas dire qu'ils surfent sur le net, car je commence à être plus que flou ... Une planche à voile me coupe la route. Alors ce genre de blague, c’est d’un goût douteux, il faut oser ... Hallucine-je encore ? Pourtant nous sommes dans l’après-midi. D’ailleurs je me demande à cet instant précis de la course pourquoi, pour le matin, ne parle t-on pas d’avant-midi. Cette question me turlupine au plus haut point. Puis mon esprit, usé par les proches embruns qui rafraichissent mon visage buriné et néanmoins agréable à mirer, voire à revoir et à admirer (contempler serait prétentieux ...), se demande alors qui a bien pu avoir de telles idées et contracter ainsi des mots pour arriver à ce verbe « turlupiner ». Ok, ça dérape, mais ça fait quand même quelques heures que j’arpente les pentes charpentées. Ainsi va l’esprit, ainsi se mélangent les mots et les idées quand il serait plus que temps d’arriver à bon porc sans dire du mâle aux truies (je vais me faire traiter de malotrou ! ) … On tombe bien bas, c'est un désastre, mais il ne luit plus beaucoup ...

Il ne reste plus que 800m de dénivelé positif.

Je traverse Saint Bernard, son tonneau de rhum autour du cou, un peu de macadam, puis une progression pénible dans les bois vers ce drôle d’endroit qu’on peut prendre à Denver tout en allant droit, à savoir le Colorado (159 bornes dans les papattes) . Vivement la fin ! (ou vivement la soif ! ) Je n’arrive plus à sortir des vannes correctes, il faut me recharger en houblon. Je suis en manque. Au Colorado, je ne me sens toujours pas dans un état proche de l’Ohio.

4 bornes de descente pénible, le stade de La Redoute qui se fait attendre. Il faut arriver avant la tombée de la nuit (car si jamais la nuit me tombe dessus, ça peut faire mal à la tête) et surtout avant la fermeture de la buvette, car j’ai la bouche sèche. Mais plus rien ici ne peut entraver ma progression. Même à 4 pattes, je verrai La Redoute. J’entends enfin le son du micro au détour d'un virage, mon arrivée est annoncée par les hauts-parleurs (oui, les speakers sont montés en haut d'une échelle), la foule fait le silence réclamé, les mères de famille ont les mains moites, les belle-mères les pieds poites, les grand-mères se signent et se prosternent, les grands-pères se prostatent, les cœurs palpitent, les bouches s'entrouvrent d'effroi et les souffles sont coupés car oui, on peut le dire, il arrive enfin, celui pour lequel l'île est en transe ...

163 bornes, l’entrée dans le stade plein à craquer (le stade, pas moi ! ), la ola du public, le feu d'artifice, l'écran géant, le chrono se fige à mon poignet, la délivrance, pourvu qu'il n'y ait pas de panne de micro, la fanfare entame "Sambre et Meuse", les majorettes remontent leurs braguettes, les flashs crépitent, les interviews se succèdent, les autographes, les dédicaces toi pauv’con, tout s’enchaîne, je jette un à un mes vêtements dégoulinants de sueur dans la foule, tel Nadal en finale à Roland Lagrosse quand il n'a pas Federreur. Je me contenterai de garder mon string, le seul instrument à vent avec une seule corde. Une chance, la température est douce sous les alizés en cette soirée mémorable. J'ai juste un peu mal à la tête quand je pense au compte-rendu qu'il va falloir faire à mon retour.

En string, l'inconvénient, c'est que je risque de me choper un rhum des foins carabiné, ou un rhum bien arrangé.

Tous ces honneurs à La Redoute me vont droit au coeur, c’est la rançon de la gloire, il y a si longtemps que j’y suis habitué, c’est le lot des winners. C'est l'occasion maintenant de rendre au public et aux médias tout ce qu’ils vous ont donné pendant la course, ce qui ne signifie surtout pas qu’il faut pour autant gerber sur la pelouse … Les renards ne sont pas l'apanage des corps beaux, comme disait La Fontaine dont je ne boirai pas de son eau.

Je crains qu'il y en ait vraiment certains ici qui n'y pigent que dalle ! Je suis désolé, c'est un exercice difficile que de garder toute sa modestie dans ces moments inoubliables.

Je suis heureux, j’ai survécu à ce grand raid, petit raide que je suis. Et maintenant, je boirais bien quelques demis, moi, pour que la pression retombe !

Pourvu que ce ne soit pas un rêve !

Diagonale du flou, édition 2014
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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 22:23

Eh oui, surprise ! Plus personne n'y croyait, même pas l'auteur, mais tout arrive.

Pourquoi maintenant ? D'un seul coup, ça prend comme une envie de hauteur. Un droit d'hauteur ? Sans doute une question d'ordre pour passer à autre chose.

Juste avec plus d'un an de retard, il faut bien prendre le temps de laisser quelques souvenirs sur ce blog pour narrer en images succinctes le Solukhumbu Trail 2012.

 

Quelques prises de vues de Kathmandu pour commencer :

 

 

 

 

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Trois roues, c'est pratique, cela permet sans trop de risque qu'une roue pète ...

 

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Avant le départ de l'épreuve pour les marcheurs à Jiri (1950m) :

 

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Fin de 1ère étape à Bandar (2190m) :

 

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Juste au-dessus de Lamjura (3500m), départ de la 3ème étape :

 

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Entre Jumbesi et Beni (3900m), lors de la 4ème étape, 2 trailers et le doc à moustaches, également auteur du compte-rendu quotidien :

 

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Passage à une première altitude supérieure à 4000m :

 

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Près du lac Dukhunda, lac sacré à 4550m (Non Jeff, t'es pas tout seul ! ) :

 

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dukhunda

 

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Fin de 5ème étape, accueil à Taksindu (2960m), village du monastère où Dawa a passé quelques-unes de ses jeunes années :

 

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Silence alcoolisé demandé à Kharikhola (2040m), terme de la 6ème étape :

 

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En route vers Phading (2610m) lors de la 7ème étape :

 

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En passant par Namché Bazar (3340m), pendant la 8ème étape :

 

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Arrivée à Thamé (3800m), fin de la 8ème étape, où comme chacun sait se pose le dilemme du trekkeur ou trailer : " arrêt Thamé ou Thamé no pause ? "

 

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Oh la vache, semblent murmurer les montagnes ....

 

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Le Haka du matin avant le départ de la 9ème étape (toujours faire un petit haka dans sa culotte  pour être plus léger sur la route) :

 

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Lungden (4380m), fin de la 9ème étape : accueil par les propriétaires du lodge.

 

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Montée au Renjo La (5360m) lors de la 10ème étape :

 

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Sommet du Gokyo Peak (5300m) en fin de 10ème étape :

 

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Pourvu qu'Eve reste !

 

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En route vers Dragnak (4700m), 11ème étape, avec un yak à l'ombre du Cholatse (6440m) :

 

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En route vers le Cho La (5375m) lors de la 12ème étape :

 

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Depuis Lobuché (4970m), terme de la 12ème étape, le clou des photographes, le coucher de soleil sur la face du Nupse (7860m) :

 

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La plaine des sables à Gorak Shep (5140m), en montant au Kala Pattar (5545m), point de départ de la 13ème étape :

 

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Kala Pattar, belvédère face aux 8000 environnants, autant en emporte le vent :

 

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Le toit du monde (celui qui fait grise mine face aux autres) :

 

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Départ de la 13ème étape, mieux vaut (Kala Pa) ttar que jamais !  :

 

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Stupa juste au-dessus de Pheriché (4240m), terme de la 13ème étape :

 

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14ème étape : Pheriché - Namché (3500m) : 

 

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Ama Dablam (6815m) :

 

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Les bravos à l'arrivée à Lukla (2860m), 15ème et dernière étape :

 

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La stupa de Boudhanath, en périphérie de Kathmandu, l'un des principaux lieux de pélérinage pour la religion bouddhiste.

 

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Certes ce compte-rendu écrit est pauvre, mais il existe, le souvenir est là et il valait (ou fallait) bien ces quelques images, triées parmi des centaines. Le Solukhumbu Trail et le Népal à la sauce Dawa méritent sans doute beaucoup mieux que ces photos. Il me reste à apprendre comment décrire les senteurs, les ambiances, les sensations, les ivresses, les rencontres, les émotions, le dénuement, les zénitudes, les cool altitudes, les nirvanas, l'humilité, etc ... mais j'essaierai de faire mieux sur d'autres descriptions à venir. 

 

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 22:52

Quelle idée de génie que de jumeler 2 courses aux profils différents mais aux climats si proches. C'est le pari réussi par les organisateurs de Baisse l'Oeuf, oui ma poule, le dimanche 26 Mai dernier.

 

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L'épreuve consistait à faire le tour du lac d'Autize, départ 3h du matin, puis enchaîner par les Raidillons du Val d'Annecy à 8h30. Pas simple, mais notre bande de joyeux globe-trotters réussit à remplir cette mission et à se faire de surcroit, ou deux sur trois, remarquer sur le podium d'après-course.

 

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A noter tout d'abord que, sur notre trajet aller, notre chargé de rien faire a monopolisé la zone sans fil, au pied des bornes qu'il ne faut jamais dépasser. Tout le monde s'agglutine autour de lui pour avoir du réseau. D'ailleurs, depuis les mariages gays, même les téléphones s'enfilent.

 

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A notre arrivée sur le site, quelques vues un peu bouchées de Béceleuf sur Autize.

 

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Ci-dessous, le port de Xaintray, très bucolique et reposant.

 

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Certains concurrents attendant avidemment l'heure de l'apéro d'avant-course.

 

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Enfin l'heure de la concentration est arrivée et le couple infernal Francis-Didier a accepté de prêter son lit matrimonial et nuptial pour partager la Malto 1664, grand cru de bière d'abbaye, anti-oxydante et riche en glycogène.

 

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Le chargé de rien faire avait, une fois n'est pas costume, comme consigne de bloquer la porte afin que nul n'entrât pendant la phase de préparation tactique.

 

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Les parents, eux, firent en sorte que leurs grands enfants ne manquent de rien et surtout mangent proprement, sans y ajouter les flatulences et rots qu'aurait pû provoquer cet abus de Malto.

 

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Nous goutâmes les produits locaux, histoire d'échapper pour une fois aux mets classiques et onéreux que nous imposent nos amis Fleury et Michon, célèbres gastronomes du pays moncoutantais. Un tarot endiablé vint conclure la soirée avant que tout le monde ne mette la viande dans le torchon (toujours pas celui de Fleury et Michon). Aucune véritable ronflée à signaler, tout le monde se tenant à pique (il n'y avait plus de carreau). Trèfle de plaisanterie !

 

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A Béceleuf, parmi le comité organisationnel, nous fûmes accueillis, à bras ouverts, aux inscriptions par Sandrine, qui n'ayant rien d'autre à Frère, nous reçut comme une soeur. Oui, ça, c'est un peu facile et éculé, mais quand on ne peut pas avancer ...

 

Ci-dessous les gueules enfarinées de 4 participants tout à fait naturels, simples et très agréables à regarder, avant le départ. On peut remarquer que Patrick, l'organisateur raidilloniste, avec sa panne de micro, essaie, tant bien que mâle, de figurer sur cette photo, sentant qu'il a affaire ici à une belle brochette de champions bourlingueurs. Certains étaient pourtant mal rasés comme s'ils n'avaient pas eu le temps de se faire beaux pendant leur courte nuit. 

 

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Une vue du phare qui domine le lac d'Annecy sur Autize. Celui-ci, qu'on peut voir depuis Fenioux, permet aux paquebots (ou pas que beaux) de rentrer sans encombre au port de Faye sur Ardin.

 

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Il a bien sûr encore fallu que l'ASPTT se distingue sur le podium et que 2 d'entre eux, à la demande de Sandrine (encore) qui en a profité pour faire sa pub dans leur dos, arborent un paletot noir qu'ils n'ont même pas mérité. Ah les ingrats ! Honte à eux ! Quel sans-gène ! Quel manque de savoir-vivre ! Ouhhh !

 

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Voici le seul geste qu'ils méritent ...

 

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Et bien sûr, tout se terminût comme souvent, malgré un sermon de mise en garde du plus sérieux d'entre eux, par des gestes obscènes, voire déplacés, où Poulou explique à un Jean-Cam médusé la différence entre un rôti et une saucisse.

Et ça les fait rire ...

 

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Bref un bon week-end reposant où nous vîmes du pays et parcourûmes quelques kilomètres de trails sur les raidillons agréables et romantiques du Val d'Autize sur Annecy. Merci aux organisateurs pour leur gentillesse et pour avoir pensé à nous inviter. Dommage qu'il n'y ait pas eu un peu de neige pour agrémenter cette maxi-crasse d'Annecy.

Nous y reviendrons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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