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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 21:10

 

http://www.youtube.com/watch?v=G7l6au8FBjA&feature=youtu.be

 

 

 

50 - Tor des Géants-2012 0971

 

 

tdg-profil

 

Enfin, il serait peut-être temps, 7 mois jour pour jour après ce Tor des Géants, d'en coucher quelques lignes et images sur le blog. Mais malgré l'insistance des aficionados (je n'aime pas la corrida, en dépit de cette "Tor-oh magie" ), toujours à l'affût d'une nouvelle narration, après une telle épreuve, il me fallait du temps pour revenir à la réalité, retrouver un peu de disponibilité psychique, redescendre sur terre (pour quelques semaines) et laisser dégonfler l'abcès, celui qui obstrue la circulation fluide des idées et altère la lucidité, celui qui ressemble à une grosse boule dans le ventre quand on se remémore certaines difficultés rencontrées et celui qui remplit la tête de paysages montagneux, de cols encore lointains, de lacs magnifiques, de montées verticales, de descentes à pic, de rencontres du 3ème type (même quand ces types sont des nanas, pour ceux qui se demandent bien qui est ce 3ème larron), de visages hagards (du nord ou aux gorilles), de bénévoles dévoués à votre service, de jours qui défilent, de nuits qui reviennent, de levers du jour qui n'arrivent pas, de froid parfois, de pluie et grésil un peu, de halos (qui est à l'appareil ? ), de lumières de frontales, d'hallucinations qu'on arrive à dompter, de batons - fidèles compagnons et jamais fatigués, de refuges ou abris chaleureux, de bases-vie accueillantes et achalandées, d'encouragements de randonneurs italiens pour la plupart (Forza ! ), de mes remerciements en échange (Grazie ! tiens j'ai appris 2 mots en italien), d'images brouillées, désordonnées ou qui se mèlent les unes aux autres, du réconfort moral de savoir que des amis ou famille vont passer du temps sur internet pour vous suivre à la trace, du constat de se dire qu'on a une chance folle que d'être sur le sentier, et surtout, surtout ...de l'assistance extraordinaire et dévouée d'une fille qui a fait 800 bornes en voiture pendant la course pour se déplacer de points en points et dormi au froid dans cette même auto pendant 5 nuits pour suivre, motiver, encourager, "coacher" la folie de son père et lui apporter réconfort physique et moral. Merci Margot, merci, ce Tor c'est nous deux qui en sommes venus à bout. Tu as fait le plus ingrat du boulot ...

Cela marque et laisse des traces ... Et pour longtemps.

 

Merci à Margot pour ses photos et merci à moi aussi pour en avoir pris pendant mon périple. Ben oui, personne ne me remercie jamais, alors je me sers tout seul.

Merci aussi en passant à Stef Chaton de m'avoir un jour glissé le titre de cet article.

 

Alors on va essayer d'être sérieux pour une fois pour raconter ce voyage. Mais je ne promets pas que ça dure bien longtemps.

Cette course était depuis plus d'un an dans ma tête, du moins l'envie d'y participer. Depuis le suivi de la seconde édition, en fait, pour moi il était évident que c'était l'aventure à tenter et que 150h maxi pour faire le Tor n'était pas une épreuve insurmontable. Ce serait l'objectif n°1 de l'année 2012.

3 autres niortais téméraires ont voulu aussi se mesurer avec ce Tor et réaliser un rêve, sans doute aussi pour ne pas me laisser tout seul perdu en vallée d'Aoste : mes 2 frères d'armes Corsica Potes, Francis et Pierre, ainsi que Lydia, avaient donc fait eux aussi le voyage vers le Val d'Aoste. 

Je crains que ma motivation extrême affichée pour cette course depuis plus d'un an à l'avance ait quelque peu suscité l'engagement de ceux-ci. Même s'ils vont sans doute le nier ...  

Ce compte-rendu sera évidemment surtout le mien, n'ayant eu que peu de nouvelles des autres, ni la possibilité de raconter leurs anecdotes ou faits de course. Cette épreuve au long cours est obligatoirement individuelle à mon avis. Elle demande en permanence de la concentration, de l'écoute de son corps, de l'humilité, en prenant chaque lever du jour comme une victoire, comme un cadeau. Savourer la chance d'être là (il en faut parfois), encadré par la montagne et des décors magnifiques, soutenu par les amis ou la famille.  

Par malchance pour mes amis en course, je les retrouverai plutôt en fin de parcours à me soutenir. Merci à eux pour leur esprit et leur présence dans les moments finaux où leur solidarité m'a donné la force qu'ils n'ont pas eue, eux, pour aller au bout de ce rêve.

 

 

Allez, c'est parti !

 

La place rouge était vide la veille du grand jour ... 

 

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Dimanche 9 Septembre - Courmayeur - Km 0 - 30 minutes avant le départ 

 

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Je croise mon pote le Jaguar, Christophe Le Saux, qui finira 3ème. Un doux dingue adorable, super doué, ce mec !

Et sans se prendre la tête. Un exemple !

 

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Les Niortais en déroute dans le Val d'Aoste

 

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Pierre se concentre avec un dernier petit somme

 

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Francis songeur : "Mais dans quelle galère me suis-je embarqué ? "

 

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Les 3 Corsica Potes vont se payer un Tor dans les montagnes. Pour certains, il faut sans doute cacher l'appréhension. Pour ma part, jamais je n'ai envisagé l'idée d'échouer. Partir comme pour une longue promenade, ne pas commencer le compte à rebours, ni le décompte des kilomètres restants. Même pas peur !

 

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Dimanche 9 Septembre - 10h : les 620 fauves à jeun (et même les vrais !) sont lachés.

 

départ

 

J'ai pris un départ-canon, devançant les premiers pour les prendre en photo, le jaguar est lancé ...

 

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Col Arp - 2571m - Km 8

 

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Après Youlaz

 

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A La Thuile, étonnament il y a beaucoup d'ardoises !  - Km 17 

 

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La Thuile - 3h35 de course : tout va bien. Encore heureux ! Sinon ce serait la tuile !

Premier point de rendez-vous avec mon coach Margot : le soleil brille, tout baigne.

Je passe en 385ème position, pas étonnant car j'ai le sentiment d'être vraiment parti cool. Les sensations sont bonnes, pourvu que ça dure !

 

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5mn d'arrêt au ravito, graissage, vidange, niveaux, et on repart.

 

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Le chien, Francis, sa fille et son gendre

 

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Poulou n'est pas loin.

 

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Les 2 larrons repartent ensemble.

 

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Cascade vers La Joux

 

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En ce dimanche après-midi, beaucoup de randonneurs, italiens pour la plupart (étonnant, non ? ) nous saluent et encouragent. Grazie par ci, Grazie par là. Merci à eux aussi.

 

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Refuge Deffeyes - 2500m - Km 27

 

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Col Passo Alto (Haut Pas) - 2857m - 29 km. Et mon pote Daniel, rencontré sur le Défi de l'Oisans en Juillet dernier,  que je viens de rejoindre, me tourne le dos.

 

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L'hélico vient chercher un coureur mal en point juste en-dessous du col de la Crosatie (2838m).

 

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Lac du fond - 2439m - Km 37. Je n'ai pas envie de le toucher.

 

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Dimanche à 23h : Arrivée à la 1ère base-vie de Valgrisenche - Km 49 - 13h de course.


Margot est là, elle m'attendait dès Planaval, 5km avant la base-vie.

Je prends tranquillement le temps de me changer, de bien manger avant cette 1ère nuit . Il y a beaucoup de monde dans cette base-vie, bien trop pour moi. Faut que je me casse, je ne me vois pas dormir ici. 

 

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Dimanche 9 Septembre - Environ 23h45 - Valgrisenche - Km 49

 

Je quitte Margot , lui disant que je vais me reposer au refuge Chalet de l'Epée - Km 56. Comme prévu par avance sur cette durée d'épreuve, je tiens à me reposer environ 2h chaque nuit. Je préfère un petit refuge plutôt que le bronx d'une base-vie.

On se donne rendez-vous à Eaux Rousses le lendemain matin.

Arrivé au Chalet de l'Epée, pas de lits de camps à disposition, je m'installe sur un banc en courant d'air juste à côté de la porte d'entrée (et de sortie aussi ! ), qui n'arrêtera pas de s'ouvrir (et de se fermer aussi ! ) pendant les 2h de pause que je m'accorde. J'ai froid, je tarde à me réchauffer, je ne vais pas dormir, mais me reposer allongé, sans arrêt dérangé par d'autres coureurs qui parlent, se ravitaillent, se changent, etc ... Cela ressemble déjà à un camp retranché où on sent poindre quelques fatigues sur les visages.

Cette mauvaise nuit sera à l'image de la journée du lundi qui va suivre, le manque de repos va sans doute expliquer les difficultés rencontrées sur les 3 cols à venir, dont 2 à plus de 3000m.

Il fait très froid, brouillard, je quitte le Chalet de l'Epée en positivant, il me reste 4 km de montée jusqu'au col Fenêtre (2854m), je suis seul, je serai souvent tout seul sur cette course et je préfère réguler mon rythme sans être influencé par d'autres.

Pas de difficulté notoire, je passe au col et enchaîne la descente.

 

J'arrive à Rhemes Notre-Dame (1738m), Km 64, vers 6h.  20h de course.

 

Coup de bambou ici, où j'ai froid, il fait humide, je m'attarde sur une chaise pour me réchauffer péniblement. Beaucoup de compagnons dorment debout ou assis. Là aussi on constate qu'il y a peu de fraicheur dans les rangs ... Je commence à avoir pas mal d'hallucinations. Il faudra me faire violence pour m'extirper du ravito et attaquer le col Entrelor (3002m), donc 1300m positifs d'une traite. J'aurais dû choisir en 10 mensualités.

Alors celui-là ! Je vais en baver dès le bas au départ du village, mais encore plus dans les derniers lacets, par la pente, les cailloux, les lacets proposés dans les 300 derniers mêtres d'ascension. Affreux ! Rarement eu la sensation d'être planté à ce rythme. Difficile d'enchaîner les pas tellement ça grimpe dur ! Je me fais doubler par bon nombre de concurrents qui vont juste un peu plus vite, je suis une loque, je pense que j'avancerais plus vite à 4 pattes.

Longue descente de 9 km où je me laisse traîner en queue d'un groupe de trailers.

Le soleil réapparait quand nous arrivons à Eaux Rousses ((1654m) - Km 79, il est 10h40 ce lundi.

Margot m'attend là, elle a dormi ici cette nuit après m'avoir quitté à Valgrisenche. Je suis heureux de la voir car cet Entrelor m'a vraiment démoli.

 

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Il fait très beau, je me change, je demande à Margot comment elle a passé sa première nuit couchée dans la voiture, je mange, je fais un petit somme sur l'herbe à l'ombre, demandant à Margot de me secouer dans 30mn. Au total, je vais me poser 1h20.

 

Lundi 10 Septembre - 12h - Eaux Rousses - Km 79 - 26h de course

 

Il fait maintenant très chaud et je repars pour ce juge de paix qu'est le col du Loson (3296m), point culminant de la course, et les 10 bornes d'ascension qui m'attendent sur 1600m positifs. Je donne rendez-vous à Margot à Cogne en fin d'après-midi.

Cette montée va me paraître interminable, surtout la fin dans un pierrier-glacier où les appuis sont fuyants et la pente infernale. Partout au-dessus, des coureurs répartis sur différents lacets dont on pense qu'ils ne sont pas sur le bon sentier, il y a de la sueur à tous les étages et ça ne bronche pas dans les rangs. Moralement c'est dur et bien avant le final du col, je craque un peu et allume mon portable pour voir si j'ai du réseau et surtout quelques messages de réconfort. Miracle, il y a les 2. C'est bon , ça rebooste. Merci les amis.

 

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Longue descente, d'abord en milieu minéral, avec une pente extrême surtout au début.

Refuge Vittorio Sella : du monde déjà bien marqué par la promenade. Le soir tombe peu à peu. Cette journée a vraiment été éprouvante. Avec le recul, ce sera la pire pour moi, car ensuite le moral sera toujours là, enfin presque jusqu'à la fin.

 

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Je ne reconnais pas Margot qui est venue m'attendre en bas de la descente à Valnontey, 3km avant Cogne, cette fin de descente est fatigante, non roulante; beaucoup de rondins de bois qui cassent la pente.

Mais globalement le moral est là, la base-vie est immense, je vais me laver les pieds, me changer, et surtout manger.

Margot va profiter de mon ravitaillement pour se restaurer elle aussi, elle va se doucher dans le gymnase réservé aux coureurs et je vais la rejoindre ensuite à la voiture qu'elle a garée 200m plus loin au bord du sentier qui quitte Cogne.

Anecdote : je donne un coup de main, sollicité par un gars du coin, à pousser sa voiture dont la batterie est à plat, 300m d'effort en montée, en plus, pour qu'il puisse atteindre un parking. Je lui explique que je fais une course assez longue (!!) et que je ne veux pas en faire plus pour lui. Il semble déçu par mon peu d'entrain.

Après avoir aperçu un renard qui rôde dans ce coin sombre,  je récupère une paire de chaussures de trail abandonnées ou oubliées dans le fossé adjacent. 

Je demande à Margot de me réveiller dans 2h30 puis m'allonge dans la voiture pour faire ma seconde nuit ...

La pauvre va encore se contenter d'un premier petit somme, assise sur le siège avant. 

 

Lundi 10 Septembre - 23h30 - Cogne (Alt. 1531m) - Km 102 - 2ème base-vie - 37h30 de course

 

Le léger sommeil m'a fait du bien, je me sens requinqué, j'ai un bon moral pour reprendre le chemin. Après quelques soucis pour trouver le balisage à la sortie de Cogne, je rencontre un coureur qui repart de Cogne lui aussi et nous décidons de faire route commune selon mon tempo. Cela lui va, je mène le rythme et discuter avec lui une bonne partie de la montée vers col Fenêtre di Champorché (2827m) va être agréable. La nuit est noire, les sentiers parfois humides, mais ça avance bien. Même pendant ma pause technique caca, il m'attendra gentiment, préférant ne pas être seul dans la nuit. Ce n'est pas beau ça ? Nous croisons un couple de coureurs autrichiens qui sont perdus et qui redescendent le sentier vers Cogne !! Nous les remettons dans le bon sens, ne sachant pas comment et où ils ont pû prendre cette direction inverse. Ils sont très heureux de notre rectification et vont faire route avec nous, puis moi seul jusqu'au petit matin où je les laisserai derrière moi. Cela me permet de parler un peu allemand, puis anglais en secours, pendant cette nuit. Mon coéquipier, dont je ne reverrai jamais le visage, et pour qui je sentais que le rythme était un peu rapide, restera dormir au refuge Sogno l Encore un refuge grandiose avec tout ce qu'il faut pour tenter un coureur affamé ! Difficile de s'en extraire.

Je vais passer une fin de nuit et une journée du mardi aux petits oignons, je cours tout le temps, je double sans arrêt du monde, je cotoie beaucoup de coureurs italiens, en groupe, qui ne peuvent suivre ce rythme dont je m'interroge vraiment s'il est raisonnable. Mais c'est tellement plaisant d'avoir de bonnes sensations que je ne dose que très peu.

De grosses descentes avec des multitudes d'escaliers très pentus entre le refuge Dondena et Chardonney. J'adore, je dévale.

 

Col Fenêtre de Champorcher de jour (photo prise par Pierre) :

 

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Mardi 11 Septembre - 7h - Chardonney (Alt. 1450m) - Km 129 - 45h de course 

 

Sur ce ravito, les visages sont creusés, la nuit a laissé des traces. Je consulte un écran géant d'ordinateur où sont les classements, je suis 293ème, j'ai gagné 50 places depuis Eaux-Rousses. Pour moi, tout va bien, les jambes répondent bien, je trace dans la forêt vers Pontboset, où je vais retrouver Margot. Il est 9h10. Il commence à faire chaud et j'en enrhume des tas, qui se demandent quelle est cette fusée qui passe, alors que la plupart marchent. Le moral est au top, c'est une partie facile, presque qu'en descente depuis le col Fenêtre.

 

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Il reste 9 km jusqu'à Donnas, point le plus bas du parcours (330m). Revoir Margot m'a redonné encore du jus. Seul un coureur suisse allemand, avec un nom à coucher dehors, (d'ailleurs comme moi il a couché dehors ou presque) accroche mon allure, nous parlons en anglais, et j'apprends qu'il y a une semaine il a terminé la Petite Trotte à Léon !! Fou ce mec qui enchaîne 2 courses de plus de 330 km en moins de 2 semaines ! Je lui fais comprendre qu'il ne doit pas chercher bien loin pour savoir pourquoi il a les pieds en compote (selon lui). Très sympathique, nous allons faire route en nous encourageant jusqu'à Donnas. Il a fait les 2 précédentes éditions du Tor et me dit que les 80 derniers kms de la course sont assez faciles ... Pour lui, sans doute ! "Après Valtournenche, c'est fini ... " Je comprendrai plus tard qu'il ne faut pas croire tout le monde ... En tout cas, ici mon rythme soutenu lui convient bien.

Je suis accueilli en héros à Donnas, 3ème base-vie, car j'ai même une église à mon nom. Amen !

Il fait très chaud, nous cavalons dans les rues pavées de Bard et Donnas comme si la course se terminait ici.

 

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Mardi 11 Septembre - 11h05 - Donnas (Alt. 330m) - Km 149 - 3ème base-vie - 49h de course

 

Je suis 264ème. 30 places gagnées sur les 20 derniers kilos. Il va falloir se calmer.

 

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Margot s'occupe de tout, mon change, mon repas (je mange comme 4, dont des oeufs, encore), ma boisson (bière), mes pieds. Je vais juste les passer sous une douche afin qu'ils soient plus "massables" au Nok. Pour le reste de mon corps, on ne lave rien ... Faut pas gâcher !

Je propose quelques nourritures à ma coach car il ne faut pas qu'elle dépérisse, il reste du taf !

Anecdote qui me fait réagir : je vois arriver à Donnas 10 mn après moi un italien avec qui j'avais parlé et que j'ai doublé il y a fort longtemps ce matin et dans un triste état (il n'avançait plus). Je suis très surpris de le voir arriver ici si tôt. J'ai quelques suspicions sur des aides réservées aux coureurs locaux .. Enfin moi, ça ne m'empêche pas de faire ma course.

La pause à Donnas durera 1h25. Le soleil tape fort et il va falloir reprendre pas mal de hauteur. C'est reparti.

 

Pierre passera à Donnas quelques heures plus tard :

 

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Même le diable veut poser avec moi en quittant Donnas. On ne Satan pas toujours à ce genre de rencontre.

 

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Je retrouve Margot à Perloz, Km 153, après quelques séries de marches très hautes et très pentues.

Nous convenons, à ma demande, de nous retrouver plus tard à Sassa (1305m), rendez-vous non prévu à l'origine entre nous, mais quelque chose me dit que je serai content de la voir après ces 1000m positifs. La suite confirmera.

 

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Je ne verrai jamais cette barmaid (si ma traduction est bonne). J'ai pourtant envie d'une bière.

 

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Et je n'ai pas l'intention de caner ... Même si les marches sont affreuses pour rejoindre Sassa.

 

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Mardi 11 septembre - 16h45 - Sassa Etoile du Berger (Alt. 1305m) - Km 161 - 54h45 de course

 

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Je suis 223ème, encore gratté 40 places depuis Donnas. Cela va bien se payer un jour, ou une nuit, cette débauche d'euphorie (oeuf au riz ? ). Je réclame le duvet à Margot et décide de m'allonger dans la luzerne pendant 1h30, je ne dors pas mais je m'isole sous la couette.

 

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Après massage de mes gambettes par ma coach, je repars avec un habitué, qui a fait les 2 premières éditions et qui me décrit en long et en large, col par col, virage par virage, caillou par caillou, chou, genou, pou, tout ce qui nous attend. Ah le salaud ! Mais ferme ta gueule ! ;-)

Je fais le forcing pour arriver avant le froid et la pluie au refuge Coda (Alt. 2224m), Km 166. Les dernières centaines de mêtres sur la crête sont très exposées et ça caille sévère. Il est 20h.

Par beau temps, il parait qu'on voit Milan d'ici. Je vois bien des lumières d'une grande ville au loin, elle me semble effectivement à 1000 ans d'ici ...

Il fait froid maintenant, je mange 2 soupes près du radiateur à l'intérieur du refuge et prépare ma tenue de nuit et le vêtement de pluie qui va être utile. Je veux vite enchaîner par ce morceau du parcours qu'on m'a décrit affreux d'ici Niel. Un belge, dont la gueule ne se ferme pas pendant cette pause ravito, et qui me semble avoir des tendances douteuses, du moins pas les miennes, me propose de partir avec moi, ce que j'accepte en serrant les fesses. Mais à peine commençons-nous la descente vers Lago Vagno qu'il me fausse compagnie pour suivre un autre dont " l'allure " lui plait mieux ! Pas de souci mon gars, file ta route ! On n'est jamais trop aidé.

La pluie légère va arriver dans la descente, avec des sentiers qui vont prendre quelques accents bien gras, mais globalement ce ne sera pas méchant. Juste de quoi bien nous rendre humides.

 

Mercredi 12 Septembre - Environ 0h (je ne sais plus) - Lago Vagno - Km 172 - 64h de course

 

J'opte pour un petit sommeil, même si tout est humide sur moi, je choisis un lit de camp libre, je me cache habillé sous la couverture et vais essayer de dormir alors que je grelotte. La porte de cet abri n'arrêtera pas de s'ouvrir et se fermer pendant ces 2 heures où je vais essayer de reprendre des forces. Tel un zombie, je vais abréger ce moment, remettre mes chaussures et après un ravitaillement bien chaud, je repars pour cette étape, très longue, avec encore 3 cols à franchir (dont le Marmontana et col della vecchia) avant de redescendre sur Niel où Margot m'attend. Le fait de marcher me réchauffe mais il bruine encore. C'est interminable, on ne sait pas bien quelle est la direction, je croise des batiments, des granges qu'il me semble avoir déja vues, les rampes sévères se succèdent et se ressemblent, la lucidité commence à manquer, le souffle est court dans certaines portions de très gros cailloux. Quelques frontales parfois devant ou derrière, des voix d'autres coureurs me permettent de me rendre compte que je ne dors pas en marchant. Col della Vecchia, il est 6h50. Belle portion de descente sur de larges pierres plates, je retrouve mes jambes et je gambade tel un cabri au lait.

Enfin le jour est arrivé et éclaircit le sentier. Cette portion entre Sassa et Niel m'avait été estimée par certains coureurs habitués à 12h, c'est en effet la portion la plus longue et monotone, surtout dès la descente après le refuge Coda.

La fin vers Niel se fait dans les bois et le bruit des navettes des hélicos se fait de plus en plus fréquent. Je me demande si ce sont des évacuations de coureurs, en fait il s'agit de transport de bois.

J'arrive à Niel à 8h45. Km 186.

Margot a dormi ici, dans la voiture-hotel, bercée par le bruit des hélicos depuis ce matin.

 

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Assisté aux petits oignons par Margot, je me ravitaille copieusement et je repars à 9h10 à l'attaque du col Lasoney (2364m). Le temps semble instable sur les hauteurs. Accompagné d'Italiens avec qui j'avais cheminé avant Donnas, j'adopte un style efficace, sans me griller. Au sommet du col, il fait froid, il pleut, je largue les ritals, reste 1000m à descendre pour retrouver les troupes à Gressoney, j'ai une bonne allure de course jusqu'au ravito de Loo. Je suis presque euphorique. Mais ça va se calmer très vite dans la pente très dure qui suit, et qui précède l'arrivée sur la route avant Gressoney. Je retrouve Francis, venu à ma rencontre sur 2 km, dont Margot m'avait appris l'abandon sur blessure à la cheville. L'approche du village me semble très longue surtout sur le macadam qui nous est proposé.

 

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Gressoney - 1329m - 4ème base-vie -  Il est 13h - Km 200 - 75h de course

 

Je crois que c'est là que j'aurai vraiment le temps et la lucidité pour prendre des nouvelles des autres compagnons de galère : Francis arrêté sur blessure à la cheville assez tôt, Lydia arrêtée un peu plus loin car manque de force et d'envie (assez classique pour beaucoup de coureurs sur ce genre d'épreuve). Reste Pierre, encore en course, qui sera rattrapé par les délais au Lago Vagno et qui devra capituler lui aussi.

 

Je vais rester 1h40 sur cette base-vie où les potes et Margot vont m'apporter à manger (des oeufs, encore) et à boire. Une fois n'est pas coutume, je me lave les pieds (mais que les pieds, faut pas gâcher ! ), je change de slip (d'habitude je le mets à l'envers ou le retourne), je mange comme 4 , je déguste 2 bières, rien ne me résiste, j'ai faim. Margot me masse les pieds, ça fait du bien. Massage des cuisses et mollets aussi : un régal. 

Comme à chaque fois, mon coach Margot me présente le menu à venir : les cols ou bosses à déguster, le dénivelé à manger, les durées à avaler, le prochain point où elle m'attendra. C'est très confortable pour moi, je n'ai pas à regarder le programme des futures festivités, je me laisse vivre, je ne sais plus dans quel état j'erre ... Il est convenu que je la retrouve ce soir à St Jacques où elle dormira encore une fois dans son hôtel à 4 roues. La pauvre ! Quel père indigne !

 

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Allez, c'est reparti, léger faux-plat en sortie de village et je vais attaquer le col Pinter, près du cirque donc (2776m), qui va me sembler assez long et où il va faire très froid là-haut, surtout que le temps se couvre. Je vais tout faire seul ou presque, je me souviens juste d'un troupeau de vaches, guidé par un chien, que le fermier ramenait à l'étable au dessus du refuge Alpenzu. La descente sera longue, très longue. Heureusement la chaleur et l'accueil du refuge Crest, la discussion avec les familles tenant cet endroit, la copieusité des mets proposés (oui j'ai pas trouvé mieux dans mon lexique) font passer un bon moment. Le final dans le noir vers St Jacques sera pénible sur un chemin en terre bosselé et répétitif. Sur le dernier raidillon en pente forte vers le bas, je m'accroche à un groupe de coureurs rencontrés juste avant. Arrivé au ravito, j'aurai même un peu de difficulté à trouver Margot, à peine au chaud dans la voiture sur le parking à 200m de là. Il est 21h50 et j'ai franchement envie de dormir.

 

Jeudi 13 Septembre - 1h30 - St Jacques - 1700m - Km 222 - 87h30 de course

 

Je vais repartir de St Jacques où Margot m'a encore prêté son duvet tout chaud pour un arrêt total de 3h30, j'ai un peu dormi dans la voiture garée près du ravito sur le parking pendant que Margot se gelait à la place du passager avant. Elle me réveille à l'heure que je lui avais demandé, me fait le briefing, me reproche les odeurs de flatulences que je ne peux réfréner, tellement les produits énergétiques, ou barres, ou oeufs durs font de l'effet. Toujours laisser l'effet se faire !  Elle me dit d'aller en paix ! Bon appétit messieurs-dames ! Il fait très froid dehors quand je me prépare à monter au Grand Tournalin, puis le col di Nana. J'attaque les 5km de montée, musique sur les oreilles, je suis seul, il y a du brouillard, je ne réfléchis pas trop, ni n'appréhende cette solitude, il faut avancer dans cette nuit froide. Je rattrape des coureurs, les remet même sur le bon sentier, nous distinguons à peine les repères fluos ou les vaches qui nous regardent passer sans un mot et nous arrivons à un bon rythme dans ce magnifique et spacieux refuge du Tournalin. Il y fait chaud, la soupe est géniale, le reste aussi, je ne vais pas m'y attarder, alors que d'autres zombies dorment sur les tables ou dans les chambres attenantes, il me reste peu à monter pour atteindre le col di Nana (2770m). Je fais bien car j'apprendrai plus tard que la course a été neutralisée ici pour ceux qui sont passés 30 mn après moi, à cause du froid, neige et grésil. En montant au col, toujours seul, j'ai bien vu que c'était gelé, qu'il faisait très froid, qu'il tombait un mélange de neige et de glace, mais je voulais vite évacuer les lieux. Les rochers au sommet me semblent agressifs, je me concentre pour ne pas stresser dans ce décor nocturne angoissant. Et puis la forme est là. Le but est d'atteindre Valtournenche (km 236), base-vie où j'envisage déjà un arrêt rapide, me sentant globalement en forme, je ne veux pas perdre trop de temps à prendre du change dans mon sac d'assistance. Je sais que les amis et Margot ont dormi là et vont m'attendre pour prendre leur petit-déjeuner avec moi. Je me plante sur le coup de fil que je passe à Margot, la réveillant, croyant deviner les lueurs de Valtournenche, mais ce n'est que Cretaz. Il faut encore descendre plus bas, j'arrive à 6h15, heure idéale pour les croissants que je n'ai pas achetés.

 

Jeudi 13 Septembre - 6h15 - Valtournenche - 5ème base-vie - 1526m - Km 236 - 92h15 de course

 

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Mon arrêt rapide programmé n'aura pas lieu car la course est gelée (!!) ici, tous les concurrents sont stoppés dans les refuges ou bases-vie pour cause de mauvais temps annoncé sur certains passages, dont la neige sur le Malatra à venir. Stop obligatoire : "Everybody stops" doivent hurler les commissaires à un japonais qui veut continuer coûte que coûte. Ils lui jappent au nez, donc. N'importe quoi, ce mec !

Je vais donc me ravitailler, infester mes accompagnants par mes odeurs toujours pestilentielles, nauséabondes, malodorantes, puantes, infectes, pourries, selon les témoignages d'un jury de connaisseurs. Je pense que je mérite une récompense pour ce fait d'armes. Je rigole de la tête du pote corse Cédric, rencontré au départ et croisé sous ce tivoli, je le trouve bouffi, défiguré. Je suppose qu'il pourrait m'en dire autant, même si j'ai un physique parfait ... Puis je vais m'allonger sur une table pour un petit sommeil de plus d'une heure.

 

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Le départ ne sera redonné qu'à 9h10. Je fixe rendez-vous ce soir à Margot à Closé. La journée va être longue (34 km), de toute beauté avec des vues magnifiques sur les sommets de 4000m environnants.

 

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Le Mont Rose

 

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La descente sera très longue avant d'arriver à Closé vers 21h30 où la troupe m'attend et où mon humeur est fort désagréable car je réalise que mon arrivée à Courmayeur ne se fera plus de jour le lendemain. Margot me masse les cuisses avec de l'huile et les pieds (à la Nok) pendant que je mange. Je me fais servir tel un pacha. Un passage chez le kiné n'apportera rien à mon releveur très douloureux, je décide d'aller me reposer 2 ou 3 heures. Il fait très froid dehors, et plutôt que la salle bruyante du ravito, j'opte pour le duvet de Margot à l'arrière de la voiture. 

 

Vendredi 14 Septembre - 2h05 - Closé - Km 271 - 112 h de course 


Je quitte Margot pour la dernière ligne droite (!!) car il reste en gros 60 km et ce doit être ma dernière journée en course, car je veux arriver le vendredi à Courmayeur, même si je réalise que je risque d'arriver bien tard, et donc surtout pas de jour. Pas terrible pour mon moral, ça !

Mon releveur me fait de plus en plus souffrir, mais comme il n' y a plus de descentes ... La pause aura été de 4h30 au total à Closé, en grande partie allongé dans la voiture garée devant la salle réservée aux coureurs, laissant Margot se peler dans ce même ravito. Mais je suis remonté comme une pendule, c'est ma dernière petite nuit, il reste 3 cols, Brison 2492m, Champillon 2709m (je vais appuyer dessus) et Malatra 2936m, une broutille après ce que je viens d'avaler depuis 5 jours ...

Ecouteurs dans les oreilles, j'annonce à Margot que ce soir je serai au paradis des finisheurs et que nous allons gagner ce challenge. Oui, nous, car c'est avec elle que je vais réussir mon rêve. Elle a prévu de m'attendre à St Rhemy pour une dernière fois avant l'arrivée à Courmayeur. C'est cette image de solidarité avec ma fille qui m'obsède quand j'attaque le Brison, musique à donf. Brouillard, sentiers gras, mais ça avance et la nuit ne sera pas trop longue car je redémarre à 2h. 

Le pire arrive, quand, au ravito de Brison l'Arp, le bénévole, qui se gèle dans sa cahute, m'annonce que la course est stoppée à St Rhemy les Bosses à cause des conditions trop dangereuses sur le Malatra, dernier gros col de la course. Seuls les 70 premiers ont été autorisés à passer, certains même encadrés pour éviter le pire. Le bénévole pense sans doute me soulager en m'annonçant cela. Que nenni ! Pour moi c'est la cata, je n'ai plus envie d'avancer, je suis là pour arriver sur la place à Courmayeur, pour faire le Tor en intégralité. On vient de me voler 30 bornes ...Il va falloir se reprendre, essayer de positiver, mais mon moral atteint par cette triste nouvelle va avoir des répercussions quasi immédiates sur mon envie de cravacher. J'adopte une allure réduite, le releveur gauche que j'avais oublié commence à maudire les descentes. Après le col , j'annonce la triste nouvelle à un traileur assis sur une pierre, l'air désemparé. Alors là, je viens de faire un heureux, je viens de le booster, je le verrai me doubler tel un avion avant la prochaine base-vie d'Ollomont. Où est passée sa détresse ? Ce sont les mystères de ces épreuves. Mort et puis ressuscité !    

La descente vers Ollomont est pénible, très pentue, par un chemin large, ça n'avance pas et le releveur crie.

 

Ollomont - 6ème base-vie - 1396m - 116h20 de course - Km 283

 

Le jour se lève, je vais me poser un peu, me ravitailler, j'ai 283 km dans les guiboles, ça commence à se sentir. Les potes sont là, ils dorment sur place Je me change, adopte une tenue plus légère, environ 1h30 d'arrêt, il ne reste que le col Champillon parmi la grosse vingtaine de cols au programme. Ne manquera que le Malatra. Je repars à bonne allure, mais très vite, je ne vais plus avoir envie de ne plus me laisser dépasser. Allez-y, braves gens, foncez,  mon bonheur à moi, c'était Courmayeur. Et à l'amorce de la descente de 14km, je n'en veux plus, le releveur ne fonctionne plus, je marche, je ne veux plus courir et j'ai beau me dire que c'est mental et que l'arrivée est proche, rien n'y fait. Je sais que je vais arriver de jour à St Rhemy, rien ne m'incite à aller plus vite, et pourquoi faire ? Je sais déjà que la ligne d'arrivée n'aura pas la même saveur que celle de Courmayeur (c'est pour la rime).

Ce final avancé est interminable tout simplement parce que je voulais 30 bornes supplémentaires pour revenir à Courmayeur, j'ai beau me le dire, je n'arrive plus à me faire une raison, tout est détraqué et mes idées sont ailleurs.

 

 

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Vendredi 14 Septembre - 14 h environ - St Rhemy les Bosses - Km 303 - 22500 m de dénivelé positif cumulé - 124h de course - classement : 201ème sur presque 700 valeureux au départ. Fin du voyage.

J'ai dormi, enfin presque, 11H30 au total depuis mon lever dimanche matin 9 Septembre. Il est temps de faire un break ..

 

 

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Je vais évidemment craquer un peu sitôt la ligne franchie. La pression doit être évacuée en attendant celle qui m'attend, recouverte de mousse blanche ...

 

Je ne réalise pas encore, il y a quelque chose qui cloche ...

 

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Avec Marco Gazzola à l'arrivée, le héros de l'édition précédente que j'avais déjà croisé la veille vers le refuge Cuney, et qui insiste pour se faire flasher avec son idôle. Je lui fais mon plus beau faciès, il a meilleur mine que moi, mais il a abandonné de bonne heure (il savait qu'il n'avait aucune chance avec moi) ...

 

Place au repos, dodo dans la voiture 10s après qu'elle ait démarré, retour à Courmayeur par la route que je ne verrai pas, léger dodo sous la tente, enfin une douche (ça fait 5 jours de crasse à décaper), puis soirée pizza avec Margot et les potes à qui je dois une fière chandelle. Je commence à savourer.

 

Lors de la remise des prix, le dimanche 16 Septembre, défilé des coureurs, puis ça se terminera par l' appel de chaque finisher qui vient recevoir son cadeau : ambiance émouvante.

 

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Ce fou en vert (et contre tous), Oscar Perez, a juste mis 40h de moins que moi, pour faire 30 bornes de plus !! Pas de quoi en faire un plat (de nouilles) ! Et j'étais même arrivé au pied du podium avant lui ! Alors franchement ...

 

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Je rassure Christophe en lui disant que seulement 198 places et 30 heures nous séparent à l'arrivée et que la prochaine fois, ce sera sans doute moi qui l'attendrai. Nous nous sommes aussi promis d'échanger nos coiffures, si j'arrive à trouver un balai O-Cédar à me mettre sur la tête, ce qui fait rire la dame, qui a cru que c'est de sa perruque à elle dont je parlais.

Sacré Boucle d'Or !

 

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Et mon coach, ma fille, ma moitié, ma partenaire du Tor, s'est mélée à la foule en délire.

Encore merci ma fille, tu as été géniale. Sans toi, rien n'aurait été aussi simple ... Tu mérites le podium.

 

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Les nuages peuvent bien envahir la vallée de Courmayeur, le Tor est joué .

 

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commentaires

Sandrine 09/04/2013 23:22

Wahou, vous êtes des grands malades....!!!!
Quel superbe récit de cette aventure hors du commun (des mortels!!) et quel beau duo!!!Vous formez une belle équipe tous les deux!!!!Quelle complicité...A bientôt pour de nouvelles aventures, quel
plaisir!!!!bises

dom 09/04/2013 22:03

Merci mais moi je n'ai rien fait, c'est Margot qu'il faut féliciter ...
Le plus dur est de se motiver car d'autresépreuves sont à venir.

StefSenech 09/04/2013 21:50

Wahou !
Bravo pour cette incroyable performance dont on a peine à imaginer la difficulté, assis devant son ordi, même si la perf est parfaitement transcrite avec le style caractéristique du Maître
YoDom.
Bravo pour ce CR. On l'a attendu et on ne regrette pas d'avoir l'occasion de se replonger dans cette aventure.

Margot 09/04/2013 20:02

Sans toi je n'aurais pas pû dire un jour que moi aussi j'ai fait le Tor des Géants : des centaines de kilomètres, du dénivelé, des paysages grandioses, des heures sur les sentiers, peu de sommeil,
beaucoup de barres énergétiques, une hygiène qui laisse à désirer,.... à chacun son aventure !
Tu ne m'auras pas transmis la passion du trail, mais ce challenge, j'y ai pris goût !! à suivre donc.......

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